Alors qu’on se préoccupe de la tenue du premier tour de la présidentielle, prévue pour la période allant de fin février à début mars 2010, les contestations sociales se multiplient. Chaque corporation veut profiter de la situation de sortie de crise, pour faire des revendications, pour la plupart du temps, salariales. Hier c’étaient les enseignants du primaire, du secondaire et du supérieur public. C’étaient également le personnel de santé et les assistants sociaux. Si les enseignants du primaire et du secondaire ont mis fin à leurs grèves, ce n’est pas totalement le cas dans le supérieur. Mais quand les greffiers reprennent la contestation, et avec eux, les médecins, les agents du ministère de la Culture, tout finit par « se mélanger », comme on le dit ici en Côte d’Ivoire. En effet, le personnel des greffes qui avait observé un arrêt de travail en novembre dernier, a récidivé. Les greffiers qui constituent des éléments clés du système judiciaire, ont attendu le moment où on avait le plus besoin d’eux. La justice ivoirienne doit participer nécessairement au contentieux qui a cours en Côte d’Ivoire, après la publication de deux listes électorales, l’une comportant ceux qui sont reconnus comme Ivoiriens (plus de 5 millions de personnes), et ceux qui figurent sur la seconde liste (un peu plus d’un million de personnes), celle du contentieux, et qui doivent prouver leur nationalité ivoirienne. Ce sera aux juges d’entériner, avec preuves documentées à l’appui, les décisions des agents des Commissions électorales indépendantes (CEI). Tout cela est fait dans la perspective des élections générales de sortie de crise. Les greffiers qui savent pertinemment le rôle qu’ils ont à jouer dans ce système, ont décidé de frapper au bon moment. Comme objet de chantage, ils savent que les autorités ne resteront pas indifférentes à leur fronde. Effectivement, elles ont réagi, parce que l’arrêt de travail observé par le personnel des greffes bloquait le processus de sortie de […]
Le Cadre permanent de Concertation (CPC), cet organe de suivi de l’accord politique de Ouagadougou sur la Côte d’Ivoire, s’est réuni pour la sixième fois, le jeudi 3 décembre 2009 dans la capitale burkinabé. C’était la première fois qu’il se réunit, après le 29 novembre, initialement fixée par les responsables ivoiriens, comme date du premier tour de la présidentielle en Côte d’Ivoire. Malheureusement, cette date n’a pu être respectée. Et cette 6ème réunion du CPC aurait pour objectif majeur d’évaluer le processus de sortie de crise, et non de réfléchir à une autre date. Ainsi auraient balisé le terrain, les Présidents Blaise Compaoré du Burkina Faso, facilitateur dans la crise ivoirienne, et Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire. Avec ces deux chefs d’Etat, le Premier ministre Guillaume Soro, le président du PDCI, l’ancien chef de l’Etat Henri Konan Bédié, et celui du RDR, l’ancien Premier ministre Alassane Dramane Ouattara, tous deux de l’opposition, constituent les membres de ce CPC. Les deux opposants, semble t-il, n’auraient pas accepté que l’ordre du jour ne comporte pas la recherche d’une autre date, en remplacement du 29 novembre. Et comme le président de la Commission électorale indépendante (CEI) Robert Beugré Mambé avait également effectué le déplacement de la capitale burkinabé, alors, l’on n’a pu s’empêcher de discuter d’une date. Certes une date n’a pas été trouvée, mais plutôt une période ou un chronogramme, moins précis qu’une date, a été trouvé. Et fin février-début mars a été la fourchette choisie pour la tenue du premier tour de l’élection présidentielle ivoirienne. Ni pour l’opposition ivoirienne, ni pour les partenaires occidentaux, il fallait trouver une période assez courte. Ce qui fut fait. Maintenant, il faudra à la CEI, au regard des efforts déjà accomplis sur le terrain, la fixation d’une date précise, suivie d’un décret des autorités ivoiriennes. Clairement défini, la période de décembre 2009 à mars 2010 est repartie comme suite : - de […]
On l’attendait depuis longtemps. La fameuse liste électorale provisoire, objet de toutes les supputations, est là. Elle pouvait être consultée depuis plus d’une semaine par internet, par sms et par appel téléphonique. Mais depuis dimanche dernier, 22 novembre, elle a été affichée dans les centres de collecte d’Abidjan, la capitale économique ivoirienne, dans sa version papier. Pour l’intérieur, les personnes recensées, il fallait attendre jusqu’à mardi pour espérer afficher partout. Ainsi, les 1 100 centres de collecte du pays servis, le contentieux, c’est-à-dire les réclamations pourront se faire pendant 30 jours, pour les personnes recensées qui ne seraient pas en règle. En clair, il y a deux listes à afficher dans chaque centre de collecte. La première concerne 5 300 586 personnes qui figurent sur la liste électorale provisoire et qui sont sûrs de recevoir leur carte nationale d’identité et leur carte d’électeur dans les mois à venir. La seconde liste comprend 1 033 985 recensés, ayant leurs dossiers incomplets, et qui seront amenés à prouver dans les 415 commissions locales de la Commission électorale indépendante (CEI), qu’ils peuvent et doivent figurer sur la liste électorale. Il s’agit ici ni plus ni moins que de démontrer qu’ils sont effectivement Ivoiriens. Ils ont 30 jours pour le faire et 8 jours aux juges pour donner leur avis sur les dossiers les plus compliqués. Ainsi, suivra la période de la publication de la liste électorale définitive, puis la distribution des cartes nationales d’identité et des cartes d’électeurs, avant l’ouverture de la campagne électorale, pour la tenue du scrutin présidentielle. De plus, un signe concret de la mise en œuvre du processus électoral, est la publication de la liste des candidats devant s’affronter dans les urnes. 14 candidats ont été retenus par le Conseil constitutionnel, vendredi dernier. Ils étaient 20 à s’être inscrits à la demande de la CEI, entre le 26 août et le 16 octobre 2009. Les dossiers de […]
Ils étaient 20 au soir du 16 octobre à avoir déposé leurs dossiers de candidature à la Commission électorale indépendante (CEI). Mais après la clôture, la structure chargée de l’organisation a transmis les dossiers des candidats à la Cour constitutionnelle. C’est cette dernière qui, à son tour, doit passer au peigne fin les documents de chacun des postulants au poste de Président de la République, pour en retenir ceux qui sont aptes à concourir. Ainsi, le président de la Cour constitutionnelle, Yao N’dré, a exigé des candidats, comme complément de leurs dossiers, un document attestant qu’ils sont à jour de leurs impôts. Lesdits candidats ont, selon les informations en notre possession, tous déposé le papier fiscal exigé d’eux. Bien au contraire, ils n’ont pas trouvé de problème à cette requête et l’auraient délivré. Mais depuis le 09 novembre dernier, ce même Conseil vient de prendre une autre décision. Celle de ne pas rendre publique, la liste des candidats retenus pour la compétition à la présidentielle. Pourtant, Paul Yao N’dré et les siens doivent le faire. Comme argument, ils ressassent leurs « vu la loi ou la décision… », leurs nombreux « Considérant que… », avant de conclure qu’ « il est sursis à la publication de la liste des candidats à l’élection présidentielle du 29 novembre 2009 », pour la simple raison que la liste électorale n’a pas encore été publiée pour lui permettre de savoir si les candidats retenus figurent bel et bien sur la liste électorale. « Considérant que l’article 56 du Code électoral en son alinéa 3 dispose: "après vérification de leur éligibilité, le Conseil constitutionnel arrête et publie la liste définitive des candidats vingt (20) jours au moins avant la date du scrutin" ; Considérant, toutefois, que selon la lecture combinée des dispositions des articles 17 et 48 du Code électoral, la candidature à l`élection du Président de la République est ouverte aux personnes ayant la qualité d’électeur; Que l’article 5 du Code électoral […]
Depuis vendredi, jeudi nuit même, les Ivoiriens pouvaient consulter la liste électorale provisoire par sms à partir de leurs téléphones portables, par appel téléphonique au centre d’appel, et par internet sur le site web de la Commission électorale indépendante (CEI). Ils sont des millions alors, à s’être rués sur ces outils de communication pour voir si oui ou non, ils figuraient sur la liste électorale provisoire de 2009. Par sms ou par appel téléphonique, l’on était capable de s’informer sur son statut. De même, par internet, l’on pouvait être situé sur sa présence sur la liste électorale provisoire ou sur la liste des personnes recalées, avant l’affichage physique prévue pour probablement cette semaine. Avant donc l’affichage physique, la plupart des Ivoiriens était situé sur leur sort. Si bien que le serveur de la CEI a été débordé par les nombreuses sollicitations des Ivoiriens. Un communiqué datant du 13 novembre, s’excusait même pour « ce désagrément dû à des phénomènes de « surbooking » ». Informant que des dispositions étaient prises pour permettre au public de consulter en toute sérénité et sécurité leur inscription sur la liste électorale provisoire. On peut le dire, la CEI a décidé de révolutionner le processus électoral en Côte d’Ivoire, resté caduc depuis des années. Contrairement aux scrutins précédents, ceux à venir ne pourront pas être entachés de fraudes. Pour la simple raison que toutes les dispositions ont été prises pour faire un travail propre, avec des données recueillies et disponibles dans un fichier électronique. Et pour effectuer ce travail herculéen, la CEI a fait appel à la société française Sagem sécurité, choisie après un appel d’offre, et l’Institut national de la Statistique (INS), une structure nationale. Le choix de Sagem s’expliquait par le fait qu’il fallait associer une société étrangère jugée neutre, à une structure nationale jugée selon l’opposition, proche des tenants du pouvoir. Il est vrai que ce choix était coûteux […]
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