On avait pensé à tout, sauf à des élections reportées une fois de plus en Côte d’Ivoire. Quand le jeudi 14 mai 2009, le gouvernement ivoirien, par le biais du premier ministre Guillaume Soro, annonçait pour le dimanche 29 novembre 2009, la date du premier tour de la présidentielle, personne ne pouvait penser à un autre rendez-vous manqué. Surtout que le chef du gouvernement ivoirien avait été très convainquant. Après avoir en effet lu le décret du chef de l’Etat adopté par le conseil des ministres, le chef de la Primature ivoirienne avait déclaré que cette fois serait la bonne. « A la différence des autres dates qui n’ont pas été respectées, cette date du 29 novembre 2009 proposée par la Commission électorale indépendante (CEI) est réaliste. (…). Puisqu’à ce jour, les opérations d’enrôlement ont permis à plus de six millions de citoyens de s’inscrire (sur les listes) dans les bureaux de vote et aujourd’hui d’être de potentiels électeurs. (...) Cela représente 70% des citoyens qui sont attendus», avait déclaré Guillaume Soro, non sans faire remarquer que « contrairement aux autres fois, nous pensons que nous avons plus de lisibilité, plus de visibilité sur le processus électoral ». Avec ces propos rassurants, venant de celui qui est chargé de la conduite de tout le processus de sortie de crise, pouvait-on douter d’un énième report ? Que non. Et pourtant, la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens ont de fortes chances, pour ne pas dire, de fortes malchances (c’est selon), de se trouver une fois de plus, en face d’élections reportées. Car, à 38 jours de la date fixée pour la tenue du premier tour de la présidentielle, rien de concret ne se profile à l’horizon. La liste électorale provisoire qui devrait être affichée depuis le mois d’août dernier, ne l’est pas encore. Faute de polémique sur 2. 752.181 personnes qui figurent sur cette liste, et dont on n’a aucune trace, selon les techniciens, sur les fichiers historiques ivoiriens, telle que la liste électorale de 2000. […]
Ouverte le 26 août dernier, la période de dépôt des candidatures pour l’élection présidentielle ivoirienne prévue en principe pour le 29 novembre 2009, a pris fin le vendredi 16 octobre dernier. Et c’est ce jour que le chef de l’Etat ivoirien Laurent Gbagbo a choisi pour faire acte de candidature. Comme le PDCI d’Henri Konan Bédié, le RDR d’Alassane Ouattara et l’UDPCI d’Albert Mabri Toikeusse, tous de l’opposition, qui se sont succédé à la Commission électorale indépendante (CEI) pour porter candidats leurs leaders respectifs, le FPI, le parti au pouvoir et ses satellites ont accompagné Laurent Gbagbo, le chef de l’Etat sortant à la CEI vendredi. Faisant grand bruit, cette dizaine de petits partis politiques qui se sont associés au FPI ont soutenu le candidat de leur choix dans ce dépôt de dossier. Mais la candidature de Gbagbo n’est pas en réalité un évènement. Tous savaient qu’il serait candidat à sa propre succession. Son épouse l’avait dit la semaine dernière, mais c’était un truisme. On eût dit que c’est une information qui ne méritait pas d’être donnée tant elle était d’une évidence telle qu’elle ne faisait l’objet d’aucun doute. Et puis, on le sait, le président Gbagbo est avide de pouvoir. Que ne ferait-il pas pour sauver son pouvoir ? Tout. Ça aussi, tout le monde le sait. Le sachant donc, personne ne pouvait donc imaginer l’homme Gbagbo offrir sa place de candidat à un autre au sein de son parti d’origine. Après s’être présenté candidat à la CEI, Laurent Gbagbo a mis le cap sur son Q.G de campagne à Abidjan, où il a animé une conférence de presse. Là, il a expliqué aux journalistes pourquoi il se présentait pour un second mandat. « Je suis candidat pour apporter la paix à la Côte d’Ivoire (…). Je suis candidat face à ceux qui n’aiment pas la Côte d’Ivoire », a déclaré le président sortant, que des sondages donnent favoris à cette élection, mais qui donne lui-même l’impression de ne pas vouloir aller aux élections, en dépit de cet avantage […]
Depuis le 26 août dernier, la Commission électorale indépendante (CEI) a ouvert en Côte d’Ivoire, la période de dépôt des candidatures des prétendants à l’élection présidentielle du 29 novembre prochain. Mais dans son communiqué, la CEI avait précisé que cette période courrait jusqu’au 16 octobre, c’est-à-dire demain vendredi. Environ deux mois, pour permettre à ceux qui se sentaient capables de briguer la magistrature suprême, de postuler. C’est le candidat indépendant, Félix Akoto Yao, transfuge du PDCI-RDA-opposition-, ancien parti unique et ancien parti au pouvoir, qui a été le premier à s’être inscrit ce 26 août 2009. Il a été suivi quelques jours plus tard, par le candidat de ce parti, Henri Konan Bédié, président de cette formation politique, par ailleurs ancien chef de l’Etat ivoirien de 1993 à 1999. Celui-ci était le premier candidat de poids à avoir fait déposer ses dossiers par les soins de son secrétaire général Alphonse Djédjé Mady. Depuis, une douzaine de candidats s’étaient inscrits, mais les autres candidats de poids ne se bousculaient pas aux portes de la CEI. C’est seulement lundi dernier, à quelques jours de la clôture, que l’un des gros calibres a déposé ses dossiers. Il s’agit du président du RDR-opposition-, Alassane Dramane Ouattara, par ailleurs ancien premier ministre de feu Félix Houphouët-Boigny, le premier président de la République de Côte d’Ivoire. C’est la première fois que ses dossiers seront acceptés. En 2000, ses candidatures à la présidentielle et aux législatives avaient été rejetées, pour dit-on, « nationalité douteuse ». Henri Konan Bédié, en exil en France, après le coup d’Etat militaire de décembre 1999, avait eu sa candidature à la présidentielle rejetée pour examen médical incomplet. Cette année, ni lui ni Ouattara n’auront leur candidature rejetée. L’accord de Pretoria de juin 2005 a clôt le débat et laissé libre court à tous les partis et mouvements politiques, signataires de l’accord de Marcoussis de janvier 2003 en […]
AU NIVEAU DE LA DEMOCRATIE 1) Les faits Bien que les choix des dirigeants par les citoyens soient libres et périodiques, les critères d’équité et de compétence ne sont pas pris en compte dans les nominations des personnes, souvent choisies sur la base ethnique ou partisane. Les tricheries dans les choix des fonctionnaires de l’Administration sont légion. Les règles du jeu ne sont pas acceptées par le plus grand nombre et cela est souvent source de troubles. L’appareil judiciaire n’est pas indépendant car il y a une prééminence de l’exécutif sur les autres couches socio-professionnelles. Pas de dialogue social. Et pourtant, il est nécessaire qu’il y ait une confiance mutuelle les entre parties. 2) Recommandations: - organiser des séminaires de formation et de sensibilisation aux règles du jeu démocratique. - donner la possibilité à tous les citoyens en âge d’accomplir leur devoir électoral de voter - établir l’équité dans le découpage administratif du territoire ivoirien - renfoncer la laïcité et la neutralité de l’Etat - sanctionner toutes les dérives intégristes - impliquer tous les acteurs au développement à la réalisation de ces recommandations (gouvernement, parlement, conseil économique et social, conseil constitutionnel, société civile, et partis politiques…) La bonne gouvernance interpelle à la fois les gouvernants, les acteurs de la vie politique, économique et ceux de la société civile. Ainsi, en Côte d’Ivoire, des indicateurs de la « mal gouvernance » nous interpellent à plusieurs niveaux. I) AU NIVEAU DES DROIT DE L’HOMME. 1) Les droits Les droits fondamentaux de l’homme sont violés, notamment le droit à la vie, à la liberté, à une vie décente sans discrimination aucune. Les violations sont pratiquées sous des formes souvent subtiles. Le travail des enfants, l’esclavage, les traitements inhumains, dégradants et humiliants. Il en est de même des tortures physiques ou morales, des violences physiques et les mutilations ainsi que toutes formes […]
Une bonne gouvernance interpelle au premier chef non seulement les autorités politiques de l’Etat et les responsables de l’Administration mais aussi l’ensemble des acteurs économiques et sociaux, soucieux, de faire avancer la société Ivoirienne dans la perspective d’une démocratie participative, équilibrée et renforcée. De sorte à faire partager la justice, la liberté et l’épanouissement par les sociétés à travers l’espace et le temps. Il est nécessaire de créer un cadre de référence qui puisse servir à l’ensemble de la Nation Ivoirienne dans l’élaboration et la mise en œuvre d’un véritable programme conduisant à ériger une vraie politique de bonne gouvernance en norme sociale. Le développement harmonieux et durable de ce pays repose sur une prise de conscience effective et une mise en pratique des prescriptions de la bonne gouvernance : - améliorer la capacité de gestion du développement au niveau du secteur public. - promouvoir et renforcer la confiance entre gouvernants et gouvernés. - favoriser la participation des citoyens à tous les niveaux d’activités. - promouvoir une culture démocratique et un Etat de droit. Cela aura l’avantage à terme, de préserver prioritairement un climat de dialogue, d’Union et de paix pour permettre à notre pays de se consacrer aux tâches essentielles de développement. La gouvernance vise entre autres : - la promotion de l’Etat de droit - la lutte contre la corruption - la recherche de la performance en matière de gestion, ainsi que l’impératif de rendre compte. La « seule gouvernance » opposée à la bonne gouvernance est un phénomène universel qui interpelle tous les Ivoiriens. L’exigence d’une bonne gouvernance apparaît dès lors comme une condition indispensable pour faire face aux défis du futur. En effet, celle-ci prend en compte le renforcement des capacités institutionnelles, dans tous les champs d’intervention de la maîtrise de la croissance économique et le développement de la Côte d’Ivoire. Une bonne gouvernance suppose, […]
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