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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /2009 00:54

                                 

 

Le sport, a-t-on coutume de dire, est facteur d’union. Mais sous d’autres cieux, cette conception est comprise autrement. Depuis belle lurette, le sport n’avait pas été facteur de tension entre deux pays. Bien au contraire, il est à l’origine d’union comme récemment entre l’Arménie et la Turquie où Abdullah Gül, le Président turc avait assisté en Arménie en 2008, au match aller comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde de football, quand Serge Sarkissian, son homologue arménien en a fait de même il y a deux semaines, lors du retour en Turquie. Les deux pays, notons-le, traversent une crise diplomatique depuis de longues années. La Turquie et l'Arménie ont signé, samedi 10 octobre, à Zurich (Suisse), des accords historiques visant à établir des relations diplomatiques et rouvrir leurs frontières, alors que leurs relations restent hantées par le souvenir des massacres d'Arméniens pendant la première guerre mondiale. Depuis un an, le sport a été mis à contribution dans ce rapprochement. Mais ce ne fut pas le cas pour l’Algérie et l’Egypte qui, d’ailleurs, n’avaient aucun problème entre eux, avant cette rencontre retour du samedi 14 novembre dernier au Caire. Il existe certes des rivalités sportives entre Etats ; mais de là, en arriver à une crise diplomatique, est un fait rarement vécu de nos jours. Or, la rencontre Egypte-Algérie de ce samedi 14 novembre dernier, comptant pour le dernier tour qualificatif de la CAN et coupe du monde 2010, a failli tourner au pire.

Pour rappel, la délégation algérienne, dès son arrivée au Caire, avait été accueillie dans la violence. Le car qui la transportait à l’hôtel, avait été pris à partie par les supporters égyptiens, occasionnant des blessés parmi les joueurs algériens. Il fallait une victoire de 2-0 aux Egyptiens pour espérer rester dans la course pour le Mondial. Le laxisme des autorités sportives internationales, qui voyaient pourtant venir le danger, ne se sont guère empressées de prendre des dispositions particulières, pour éviter le pire, pour ne pas dire l’injustice qui se dessinait. L’une des dispositions était par exemple d’annuler le match du Caire après la barbarie des Egyptiens, pour le faire rejouer directement à Khartoum, sans considération d’un match d’appui programmé en cas de 2-0 pour l’Egypte. Toujours est-il que la rencontre de Khartoum a eu lieu, parce que l’Egypte s’est difficilement imposée 2-0 ce samedi là au Caire.

Dieu étant juste, comme on l’entendait de certains Ivoiriens ici, les Fennecs ont emporté le gain du match d’appui dans la capitale soudanaise par un petit but à zéro. Une pilule difficile à avaler pour le peuple égyptien, du plus petit supporter, aux plus hautes autorités du pays. Du rappel de l’ambassadeur égyptien à Alger, à la convocation du diplomate algérien au Caire, il semble que tout a été mis en œuvre par l’Etat égyptien, pour faire de cette qualification de la sélection algérienne de football, un problème. Cette fois, ce n’est pas la politique qui déchaîne les passions, mais plutôt le sport, notamment le sport roi, le football.

Ce fut le cas en 1993, entre la Côte d’Ivoire et son voisin Ghanéen. Battu 3 à 1 au match aller des demi finales de la Coupe d’Afrique des clubs champions de football dans des bonnes conditions d’accueil à Abidjan, par les Ivoiriens de l’Asec mimosas d’Abidjan, l’Asante Kotoko de Kumasi du Ghana était parvenue à se qualifier au retour, en battant son adversaire par 2 buts à rien. Mais cette fois, dans une atmosphère de violence inouïe, contre les joueurs et supporters ivoiriens. La réplique à Abidjan a fait de nombreux dégâts matériels et humains chez les ressortissants ghanéens. Une crise qui avait été très vite jugulée par les chefs des deux Etats d’alors, Félix Houphouët-Boigny de Côte d’Ivoire, et Jerry Rawlings du Ghana.

Ce que les uns et les autres devraient savoir, c’est que le sport qui déchaîne déjà tant de passions, ne doit pas laisser la moindre place aux violences de quelque nature que ce soit.

Quand la violence commence, on ne peut savoir où et quand elle peut prendre fin. C’est pourquoi, il sied de l’éviter au maximum. « Si certains la commencent, il va de soi que d’autres la poursuivent et l’achèvent », justifiait quelqu’un. Et un autre de signifier que fort heureusement, les deux pays n’ont pas une frontière commune. Sinon, une confrontation serait inévitable. Surtout que les Egyptiens avaient demandé à leur Président de faire laver l’affront infligé par des supporters algériens à leurs homologues égyptiens à Khartoum.  

Mais la Ligue arabe a appelé les deux nations à calmer le jeu. L’Egypte avait même menacé de se retirer des compétitions internationales. Espérons qu’ils soient plus habités par la lucidité.

Par Denis-Zodo - Publié dans : sport - Communauté : BLOGS, en parler ...
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