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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /2009 06:56

              

 

On attendait sa publication depuis août dernier. Mais c’est seulement mardi dernier que la liste électorale version papier a été remise au président de la Commission électorale indépendante (CEI) Robert Beugré Mambé par les deux structures techniques à savoir Sagem sécurité et l’institut national de la statistique (INS). Il y a environ un mois, c’est le Président Laurent Gbagbo qui recevait le coffret informatique contenant les personnes recensées. Mais dès lors que le chef de l’Etat a réceptionné ledit coffret, qu’il est apparu des dissensions entre son camp et l’opposition. Parmi les 6 384 253 personnes enrôlées figuraient environ 2 750 000 inscrits dont on ne retrouvait pas les traces sur les fichiers historiques ivoiriens. Ce qui a fait dire aux partisans de Laurent Gbagbo qu’il s’agissait d’étrangers dont voulait se servir l’opposition pour des voix de plus à l’élection présidentielle. La polémique a presque tout bloqué mais n’a pas empêché Sagem et l’INS à poursuivre les recherches sur ces « recalés ». Lesdites recherches ont permis de retrouver les traces de plus d’un million de personnes reconnues comme des Ivoiriens. Ainsi, le reste du lot, en l’occurrence les 1 033 985 personnes dont on n’a toujours pas retrouvé les traces, « auront toute la latitude de se présenter après l’affichage de la liste, auprès des Commissions électorales locales pour les aider à déterminer leur statut, afin d’être prises en compte sur la liste électorale définitive », tel que communiqué par la CEI dimanche. Ainsi, 1 033 985 personnes enrôlées auront à prouver leur nationalité ivoirienne. C’est ce que cela voudrait dire.

Lundi, très probablement, la liste électorale sera affichée dans les centres de collecte, bien sûr, après le dispatching dans les régions et départements du pays par l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), qui a les moyens logistiques de le faire.

Alors, deux catégories de listes seront affichées dans tous les centres de collecte. La première comporte la liste des 5 300 586 personnes reconnues comme des Ivoiriens et qui recevront leur carte nationale d’identité et leur carte d’électeur. La seconde elle, contient 1 033 985 personnes qui devront aller prouver leur appartenance à la Côte d’Ivoire. On le constate, il y a problème. 38 jours permettront alors à ceux qui figurent sur la première liste, de rectifier des erreurs de frappe- s’il y en a- et ceux qui figurent sur la seconde, et qui auront plus à faire que de penser à une simple rectification. Une attitude qui ressemble fort bien à un « apartheid » qui ne dit pas son nom. A la vérité, si tout le monde sait que la présidentielle n’aura pas lieu. Si le report de cette élection était jusqu’à une date récente une éventualité, c’est désormais une certitude. Cela dit, il faudra mettre les 38 jours à profit pour permettre à ceux qui en ont la possibilité de le faire, de démontrer qu’ils méritent de figurer sur la liste électorale définitive. Mais il est certain que des esprits malins voudront prouver qu’un tel qui a réussi à prouver par exemple par l’acquisition d’un certificat de nationalité qu’il est Ivoirien, sera contrarié par des soi disant patriotes qui lui trouveraient d’autres origines parce qu’il s’appelle Ouédraogo, Diallo, Diabaté ou Diakité…Or, la période de contentieux dont il est question là, n’est pas une affaire de dénonciation du voisin qu’on reconnaît comme étant un Burkinabé ou un Malien pour la simple raison qu’il porte un nom qui sonne burkinabé ou malien. Si cela est compris, les 38 jours serviront à quelque chose de positif. Si ce n’est pas le cas, ce sera malheureux pour notre pays, car, il s’embourbera encore plus dans les méandres de la division.

Certains pensent qu’il ne faut rien faire pour permettre à ces personnes sur qui le doute planait, de prouver leur « ivoirité », parce qu’il s’agit ni plus ni moins que d’étrangers au service d’un tel parti dit d’étrangers. Mais nous croyons bien que la Côte d’Ivoire ira mieux si tout le monde se reconnaît en ce pays. Car, tous, nous savons ce que nous a coûté cette volonté de certains, de vouloir faire d’autres personnes, des « bôyôrô djan »*.

Pourtant, il semble que des personnes, et non des moindres, n’aient pas encore compris que ce pays a souffert de ces relents d’exclusion.

Quand le président du Conseil constitutionnel prend sur lui l’engagement de prendre des décisions qui ne font guère l’unanimité et de tenir des propos guerriers, de nature à porter un sérieux coup à la cohésion sociale et à l’accalmie qui régnait depuis la signature de l’Accord de Ouagadougou en mars 2007, il y a lieu de s’inquiéter pour la suite des débats.  

Si après l’affichage de la liste électorale provisoire, la situation devait s’enliser plus, sachons que la Côte d’Ivoire ne sera pas à l’abri du malheur. Nous ne pensons pas que ce soit le souhait de l’Ivoirien lambda. Alors, tous devraient travailler à l’unité. On est fort lorsqu’on est uni, mais très faible quand on est divisé. Cela, tout le monde le sait. Pourtant, certaines personnes ferment les yeux sur cette réalité pour n’en faire qu’à leur tête. Malheureusement !

 

(*) : Ceux qui viennent de loin, des étrangers venant de pays lointains

Par Denis-Zodo - Publié dans : Politique ivoirienne - Communauté : Media - Actualité générale
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