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Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /2009 00:07

            

Tout le monde s'accorde pour condamner les crédits "revolving". Pourtant, 9 millions de personnes en ont souscrit un ! Alors, faut-il les interdire ?

Les spots publicitaires les présentent comme un formidable moyen d’ « augmenter », considérablement et immédiatement son pouvoir d’achat. Avec 9 millions de français concernés, le crédit revolving fait le bonheur des organismes de prêt et des commerçants. Pourtant, ses détracteurs dénoncent une spirale infernale, dangereuse, et le voient comme principal facteur du surendettement. Faut il ou non le supprimer ?

Le crédit revolving (appelé également crédit renouvelable ou crédit permanent) doit son attractivité à sa flexibilité et à son accessibilité. En effet, en quelques clics, le consommateur peut obtenir un prêt de plusieurs milliers d’euros, avec des mensualités alléchantes… Et à des taux frôlant l’usure (entre 15 et 21%), deux à trois fois supérieurs aux taux des crédits affectés… Ce crédit, souvent obtenu via une carte, met à la disposition de l’emprunteur une somme d’argent sur un compte particulier, dans laquelle il pourra puiser jusqu’à un certain plafond, au fil des remboursements. IL faut veiller à des taux usuriers, c’est bien de penser à la consommation. Eviter d’endetter, ceux qui le sont déjà..Source écotidien.fr.

Une solution apparemment  idéale pour les consommateurs rencontrant des difficultés à boucler leurs fins de mois, mais qui s’avère être aussi le début d’un engrenage des plus dangereux : sur le million de dossiers de surendettement répertoriés à la banque de France, 80% comprendraient des crédits revolving, et ceux-ci seraient directement responsable, selon la Banque de France, de 75% des cas.

Le surendettement des ménages serait donc intrinsèquement lié au crédit revolving, celui-ci représentant une véritable catastrophe économique et sociale. A la fin de l’année 2008, 2,5 millions de personnes étaient enregistrées dans le Fichier national des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers (FICP), ce qui dénote une grande difficulté des français à rembourser les dettes accumulées via ces crédits. L’UFC que choisir dénonce des modes d’emprunt difficiles à maîtriser, de par l’absence de mensualités fixes et d’échéances. De plus, prêteurs et vendeurs ne se préoccupent absolument pas d’un endettement préalable des familles ayant recours aux crédits renouvelables. De par la disponibilité des fonds et les taux extrêmement élevés, les sommes d’argent initiales sont bien souvent multipliées. Alice, salariée, a choisi un crédit revolving pour subsister pendant une période difficile. Une « liberté » qui lui coûte cher : sa dette, à l’origine de 2500 euros, avoisine les 5000 euros, et la jeune femme a encore quatre ans de mensualités devant elle!

Ainsi, dans le cadre de la lutte contre le surendettement, les associations de consommateurs,  les syndicats et le PS demandent le retrait de ces crédits qui ruinent les plus démunis de manière irresponsable. Le crédit revolving constituerait purement et simplement une forme de vol, génératrice d’achat compulsif, ou encore une illusion par laquelle les organismes de prêt extorquent les revenus des foyers les plus modestes. Le député PS de l’Isère, François Brottes, a soumis en novembre une proposition de loi pour supprimer les revolving, rejetée par le gouvernement et par l’opposition.

Une suppression à laquelle la ministre de l’économie, Madame Lagarde, s’est opposée, arguant un nombre considérable d’emplois en jeu, notamment dans la vente par correspondance dont les entreprises réalisent 40% de leur chiffre d’affaire grâce à ces crédits. La ministre envisage donc l’encadrer, plutôt que de le supprimer, par le biais d’un  projet de loi adopté par les sénateurs qui sera débattu à l’assemblée nationale au cours du mois de décembre.

Michel, 43 ans, est aussi tombé dans la spirale du crédit revolving : « Mon amie était une accro du shopping, et moi des voyages. Nous avons souscrit à plusieurs crédits permanents à partir 2002. Aujourd’hui, nos revenus ont diminué suite à une perte d’emploi de mon amie, et nos mensualités s’élèvent à 1800 euros pour des revenus d’à peine 3000 euros, nous sommes donc en situation de surendettement. Je n’ose même pas calculer le coût qu’ont représenté ces crédits ». Ce coût en effet est probablement supérieur à la somme empruntée au départ par le couple.  Et vous, pensez vous qu’il faut protéger le consommateur de la «  fièvre acheteuse » générée par ces crédits, et de leurs conséquences souvent désastreuses, ou pensez vous que pour le bien de la communauté et de l’économie, il faut les maintenir et que le consommateur doit se responsabiliser lui même ?

 

Par Denis-Zodo - Publié dans : Economie - Communauté : BLOGS, en parler ...
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