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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /2009 00:51

          

 

 

Depuis vendredi, jeudi nuit même, les Ivoiriens pouvaient consulter la liste électorale provisoire par sms à partir de leurs téléphones portables, par appel téléphonique au centre d’appel, et par internet sur le site web de la Commission électorale indépendante (CEI). Ils sont des millions alors, à s’être rués sur ces outils de communication pour voir si oui ou non, ils figuraient sur la liste électorale provisoire de 2009. Par sms ou par appel téléphonique, l’on était capable de s’informer sur son statut. De même, par internet, l’on pouvait être situé sur sa présence sur la liste électorale provisoire ou sur la liste des personnes recalées, avant l’affichage physique prévue pour probablement cette semaine. Avant donc l’affichage physique, la plupart des Ivoiriens était situé sur leur sort. Si bien que le serveur de la CEI a été débordé par les nombreuses sollicitations des Ivoiriens. Un communiqué datant du 13 novembre, s’excusait même pour « ce désagrément dû à des phénomènes de « surbooking » ». Informant que des dispositions étaient prises pour permettre au public de consulter en toute sérénité  et sécurité leur inscription sur la liste  électorale provisoire.

On peut le dire, la CEI a décidé de révolutionner le processus électoral en Côte d’Ivoire, resté caduc depuis des années. Contrairement aux scrutins précédents, ceux à venir ne pourront pas être entachés de fraudes. Pour la simple raison que toutes les dispositions ont été prises pour faire un travail propre, avec des données recueillies et disponibles dans un fichier électronique. Et pour effectuer ce travail herculéen, la CEI a fait appel à  la société française Sagem sécurité, choisie après un appel d’offre, et l’Institut national de la Statistique (INS), une structure nationale. Le choix de Sagem s’expliquait par le fait qu’il fallait associer une société étrangère jugée neutre, à une structure nationale jugée selon l’opposition, proche des tenants du pouvoir. Il est vrai que ce choix était coûteux pour la Côte d’Ivoire, mais la CEI et la Communauté internationale- venue financièrement souvent en aide aux Ivoiriens- voulaient des élections incontestées pour une fois dans ce pays déchiré depuis le scrutin du 22 octobre 2000 qu’avait jugé « calamiteuses » le Président Laurent Gbagbo qui en était lui-même sorti vainqueur. Il est clair qu’il y a eu d’énormes retards dans la mise en œuvre du processus de paix dans son ensemble. Ce qui fait que la date de l’élection maintes fois annoncée, a été maintes fois reportée. Mais l’on peut être satisfait de la crédibilité du processus électoral. Il fut un temps où dans nos pays africains, notamment en Côte d’Ivoire, on criait à la fraude parce que des listes parallèles ont été établies, permettant à des électeurs de voter deux fois. Avec cette option, la CEI vient de mettre un terme aux supputations et aux doutes des uns et des autres quant à un possible tripatouillage électoral.

C’est justement avec ce procédé informatique que les résultats à l’issue des élections à venir seront connus, dans la plus grande transparence et la plus grande célérité. Personne ne viendra s’autoproclamer vainqueur, parce que la CEI qui est la structure chargée d’organiser les élections en Côte d’Ivoire, aura tous les résultats en un temps records, et sera chargée d’annoncer les chiffres. Elle seule étant d’ailleurs habilitée à le faire.

Ce retard qu’a expliqué le président de la CEI la dernière fois, pour justifier le report de l’élection initialement fixée au 29 novembre 2009 est à la vérité, pardonnable, vu le travail abattu. Le président Robert Beugré Mambé et son équipe ont voulu que ces élections soient démocratiques, elles le seront pour une fois dans ce pays. Le Premier ministre Guillaume Soro, maître du processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire l’avait également souhaité depuis sa nomination à la tête du gouvernement ivoirien depuis fin mars 2007. Et le chef du gouvernement ivoirien n’a pas lésiné sur les moyens pour permettre à la Côte d’Ivoire d’être en possession de ce dont elle avait besoin pour faciliter ce processus d’identification dans la transparence.

Pour tout dire, le Premier ministre et ses collaborateurs d’une part, puis le président de la CEI et ses hommes d’autre part, ont essuyé des critiques de la presse et de certains hommes politiques. Mais ils ont fait fi de ces attaques, pour conduire un travail jusque là irréprochable. Reste à régulariser la situation du million de personnes qui n’est pas en règle, puis à fixer une date réaliste et tenable pour la tenue du premier tour de la présidentielle en Côte d’Ivoire.

Encore bravo à une CEI durement éprouvée, et à une Primature longtemps accusée de pactiser avec le camp présidentiel.

Néanmoins, en dépit des félicitations, il est à reconnaître que tout n’a pas encore pris fin. Il ne faut donc pas que nos chers organisateurs d’élections dorment sur leurs lauriers. On pourrait même dire que le plus dur est à venir. Ils auront à prouver leur neutralité en se mettant au service de la Côte d’Ivoire. C’est là aussi l’un des grands défis.

 

 

Par Denis-Zodo - Publié dans : Politique ivoirienne - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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