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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 00:40

           L'ancien capitaine de corvette Alfredo Astiz, dit "l'ange blond de la mort", a comparu en justice vendredi à Buenos Aires avec 16 autres ex-policiers et militaires inculpés de crimes contre l'humanité sous la dictature argentine de 1976-1983.

Astiz, 58 ans, doit son surnom à ses apparences angéliques à l'époque où il infiltrait des groupes de défense des droits de l'homme dont les membres étaient ensuite enlevés. Il est accusé des meurtres de deux religieuses françaises, de la disparition d'un journaliste argentin et d'autres crimes. Selon Reuters.

En France, il a été condamné par contumace à la réclusion à perpétuité en 1990 pour la mort des deux religieuses, Alice Donon et Léonie Duquet, enlevées en décembre 1977.

Immobile, il a écouté un juge énumérer vendredi les charges retenues contre lui. Des dizaines de personnes, parmi lesquelles des parents de disparus, brandissaient des portraits de victimes. S'il est jugé coupable, l'ex-officier est passible de la prison à vie.

Comme les autres hommes jugés avec lui, Astiz faisait partie d'unités spéciales basées à l'Ecole de mécanique de la marine (Esma), où des milliers de dissidents et gauchistes présumés périrent ou disparurent durant la dictature militaire.

"J'espère que justice sera faite", a dit Victor Basterra, l'homme qui est resté détenu le plus longtemps à l'Esma.

LIBERTÉ PERDUE, RETROUVÉE

Basterra est l'un des 200 survivants du centre de détention sur un total de plus de 5.000 personnes dont la plupart furent drogués, placées à bord d'avions et jetées vivantes dans le Rio de la Plata ou l'océan Atlantique.

Ce procès est l'un des deux actuellement consacrés aux nombreuses violations des droits de l'homme commises sous le régime militaire, en conséquence de la levée des lois d'amnistie sous la présidence de Nestor Kirchner (2003-2007). Dans l'autre procès, Reynaldo Bignone, 81 ans, dernier président de la dictature militaire, est au nombre des accusés.

Après la chute de la dictature en 1983, des tribunaux avaient jugé plusieurs ex-membres de la junte coupables de violations des droits de l'homme, mais ils avaient ensuite retrouvé la liberté en vertu d'une amnistie.

Astiz avait tenté de mener une vie normale et des photos de presse le montrent dans des boîtes de nuit à Buenos Aires ou en divers lieux de villégiature. Mais il en était venu à symboliser les crimes de la dictature et il arrivait que des personnes s'en prennent à lui publiquement.

Depuis l'annulation de l'amnistie, des tribunaux ont jugé et condamné plusieurs anciens militaires. Les dossiers d'Astiz et d'autres officiers de l'Esma sont cependant restés sans effet concret durant des années.

Un tribunal avait ordonné la libération des suspects parce que certains avaient passé sept années en détention sans jugement, ce qui est contraire à la législation argentine.

Astiz a révoqué son avocat peu avant l'ouverture du procès et a dit ne pas reconnaître la légitimité du tribunal, dans l'espoir de retarder la procédure. Plus de 280 témoins devraient intervenir et le procès pourrait durer de six à huit mois.

Par Denis-Zodo - Publié dans : Politique internationale - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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