Maputo, la capitale mozambicaine n’avait pas réussi à mettre d’accord en août dernier, les quatre leaders politiques de Madagascar. Mais à Addis-Abeba, la sagesse a habité les protagonistes de la crise malgache, au bout de quatre jours de négociation intense. Cette fois, c’est Marc Ravalomanana, le prédécesseur de l’actuel chef de l’Etat qui faisait blocage. Il ne voulait pas voir son jeune successeur diriger le pays qu’il lui a arraché de force en le chassant du pouvoir.
Mais Rajoelina qui avait entre temps mis de l’eau dans son vin, retournant à la table de négociation et faisant des concessions, ne voulait pas lui non plus lâcher prise. La haute autorité de transition ne devait pas lui échapper, car estimait-il, elle lui revenait de droit. « Ce n’est pas négociable », déclarait-il au sortir des premiers jours des discussions d’Addis-Abeba. Mais Ravalomanana finit par l’admettre.
Les dirigeants politiques de ce pays parviennent ainsi, finalement, -ce n’est pas tôt- à un accord sur le partage de pouvoir. Andry Rajoelina demeure chef de l’État, mais encadré par deux co-présidents au sein d’un Conseil présidentiel. Cette information a été livrée au quatrième jour des discussions par Rajoel lui-même, aux journalistes.
Les dirigeants politiques malgaches ont pu surmonter l’obstacle de la représentativité des différentes mouvances à la tête de la Haute autorité de Transition, estime lexpress.mu d’Antananarivo. Andry Rajoelina garde son poste de chef de l’Etat. Il présidera un conseil présidentiel au sein duquel il sera encadré par Fetison Andrianirina, un proche du président de Marc Ravolomanana et Emmanuel Rakotovahiny, un proche de l’ancien président d’Albert Zafy.
C’est vers 22 heures, le vendredi 6 novembre que la nouvelle a été annoncée à l’issue de la quatrième journée de négociations à Addis-Abeba. Les représentants des mouvances politiques malgaches y étaient en discussions sous l’égide du Groupe International de Contact (GIC), mené par l’ancien président mozambicain Joaquim Chissano.
« Andry Rajoelina est le président accepté par toutes les mouvances», a indiqué le Malien Tiébilé Dramé, émissaire de l’Organisation des Nations unies (ONU). «C’est une étape importante et décisive», a-t-il poursuivi.
Cette solution permet à chacune des mouvances politiques de trouver son compte. Andry Rajoelina obtient la reconnaissance internationale, la mouvance Ravalomanana et celle de Zafy participe à Conseil présidentiel, autorité politique suprême du pays. Le camp de Didier Ratsiraka, lui obtient la direction de l’Exécutif par le biais du Premier ministre Eugène Mangalaza.
Une fois l’Accord d’Addis-Abeba signé, les dirigeants politiques rentreront à Antananarivo afin d’en assurer la mise en œuvre. Il est donc prévu que le nouveau gouvernement sera constitué la semaine prochaine. Sauf coup de théâtre…C’est le cas de le dire, car, en août dernier, après la rencontre de Maputo, on avait crié victoire, avant d’observer un retournement de situation où Rajoel avait refusé de s’inscrire dans le compromis qui avait été conclu à Maputo.
Mais si un des acteurs se hasarde à faire volte-face comme la dernière fois, il devra s’attendre à une sanction de la Communauté internationale qui, du coup, lui retirera son soutien. Rajoel en sait quelque chose. Lors de la 64ème session de l’Assemblée générale des Nations-Unies à New-York en septembre dernier, il a subi un cinglant revers à cause de son refus d’appliquer les accords de Maputo d’août| Juillet 2010 | ||||||||||
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