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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /2009 02:12

         

 

L'Afrique de l'Ouest, semble t-il, est devenue ces dernières années un important centre de transit de la cocaïne sud-américaine vers les marchés européens.

On a beaucoup parlé ces derniers temps, de la Guinée-Bissau et de la Guinée Conakry, mais non du Mali. Mais depuis début novembre, une information bouleversante sur une affaire de drogue transportée par un Boeing qui s’est écrasé au Mali fait rage.

Un avion de type Boeing en provenance du Venezuela a débarqué de la cocaïne près de Gao (Mali) avant de s'écraser le 5 novembre juste après son décollage, à en croire le responsable régional de l'Office de l'ONU contre la drogue et le crime (ONUDC) à Dakar.

« Un Boeing parti du Venezuela a atterri sur une piste artisanale à 15 km de Gao (nord-est) avant de décharger de la cocaïne et d'autres produits illicites », indiquait le lundi 16 novembre dernier, le responsable régional de l'ONUDC Alexandre Schmidt lors d'une rencontre avec la presse.

« Il a ensuite voulu décoller et s'est écrasé le 5 novembre », a-t-il ajouté. La quantité de drogue n'est pas connue mais « un Boeing peut transporter 10 tonnes de cocaïne », a-t-il souligné sans préciser la catégorie de l'appareil. La drogue n'a pas été retrouvée. L'agence internationale Interpol a été saisie et une enquête est en cours, selon lui.

La carcasse de l'avion « a ensuite été incendiée par les trafiquants pour faire disparaître toute trace. Mais les numéros de référence ont été pris, une enquête est en cours sur le propriétaire. Aucun cadavre n'a été retrouvé sur place » à la suite de l'accident, a souligné le responsable.

« On ne sait pas depuis combien de temps cela dure, on ne peut pas dire si c'est le premier ou le dernier vol de ce type », a-t-il précisé, devant les journalistes dont ceux de l’AFP. « Mais cela pourrait être considéré comme un nouveau mode opératoire et c'est inquiétant », selon M. Schmidt.

Selon lui, « il n'y a pas de couverture radar dans cette zone », située à un millier de kilomètres de la capitale Bamako, dans la région du Sahara, propice à tous les trafics.

« C'est la première fois que nous avons connaissance d'un acheminement de la cocaïne sud-américaine en Afrique par un avion de cette capacité, affrété pour l'occasion », a-t-il souligné.

Les autorités de Bamako n'ont pas réagi officiellement à la suite de cet accident.

Et c’est ce qu’il y a de plus étonnant. Comment comprendre que les autorités d’un pays comme le Mali, qu’on ne connaît pas comme étant un pays impliqué dans le trafic de drogue, puissent rester muets devant cette situation ? De deux choses l’une. Soit les autorités maliennes sont impliquées dans cette affaire de trafic de drogues et en savent beaucoup sur l’avion concerné, refusant donc d’en parler parce que gênées, soit elles sont dépassées par les événements, ne maîtrisant pas tout ce qui se passe sur leur territoire, d’une superficie de 1 241 238 km2, presque quatre fois plus grand que le voisin ivoirien (322 463 km2). Mais au moins, même si les responsables maliens ne sont pas mêlés à ce coup rocambolesque, il eût fallu qu’ils déclarent tout de même qu’ils n’en savent rien. Se taire sur une affaire aussi importante que celle-là, fait la place à des doutes et à de nombreux commentaires.

Pour de la drogue transportée dans un Boeing, il est évident qu’il ne s’agissait pas d’une petite quantité de cocaïne. C’est dire que ce n’est pas moins de 10 tonnes de ce produit dangereux qui viennent d’être écoulées dans la sous-région ouest-africaine, et pourquoi pas en Algérie, pays maghrébin, voisin du Mali. Et surtout qu’Interpol, saisi, pour l’enquête, n’a pas encore trouvé les traces de ces malfrats qui, certainement, sont en train de ventiler discrètement cette quantité de drogue. De quoi se faire du grand sou.

Mais il est certain que si les enquêteurs redoublent de vigilance, ils retrouveront les traces de ces « dealers », dans la mesure où, en dépit de la mise à feu de l’appareil par les trafiquants pour faire disparaître les numéros de référence, ceux-ci existent bel et bien, et permettront de mener les enquêtes jusqu’au propriétaire de l’avion.

Les pays d’Afrique de l’Ouest, s’ils veulent réellement s’engager à lutter contre le trafic de la drogue, doivent nécessairement doublé de vigilance. Sinon, les trafiquants de « coca » y éliront domicile, et c’est la pourriture qui finira par s’installer dans cette partie d’Afrique, déjà minée par la guerre.

 

Par Denis-Zodo - Publié dans : Politique africaine - Communauté : BLOGS, en parler ...
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