Barack Obama a reçu ce jeudi le prix Nobel de la paix et a donc tenu le traditionnel discours d'Oslo. Rapporté par lepost.fr.
Un discours très attendu et particulièrement difficile. Le plus difficile et le plus attendu du président américain pour "The Washington Times".
En effet, la semaine dernière le président des Etats-Unis et à ce titre commandant en chef des armées US a décidé de l'envoi de 30 000 soldats supplémentaires pour la guerre en Afghanistan ainsi que d'un calendrier de retrait; à horizon 2 ans.
Publié par plusieurs sites de presse US, le discours de Barack Obama impressionne. Comme d'habitude serait-on tenté de dire.
Voici donc quelques extraits très subjectifs et issus d'une lecture rapide que je voudrais partager avec vous.
Dans ce discours, le président des Etats-Unis fait face aux critiques et aux doutes à la fois sur sa décision d'envoyer des nouvelles troupes comme pour le fait de recevoir ce prix Nobel de la paix, entamant son discours ainsi: "Je manquerais à mes devoirs si je ne reconnaissais pas la controverse que votre décision généreuse a généré".
Dans ce discours qu'il adresse explicitement au peuple américain comme à tous les peuples, il se dit pleinement conscient de l'enjeu: "Malgré tout, nous sommes en guerre, et je suis responsable du déploiement de milliers de jeunes Américains appelés à se battre dans un pays lointain. Certains vont tuer. Certains seront tués. Et donc je viens ici avec un sens aigu de que coûtent les conflits armés."
Dans ce qui a sans doute été un grand moment d'émotion Barack Obama a aussi cité Martin Luther King lui aussi prix Nobel de la paix en 1964 et l'œuvre de celui, dont le 44ème président des USA a directement bénéficié : "La violence n'amène jamais une paix permanente. Ni ne résout aucun problème social. Elle en crée simplement de nouveaux et de plus complexes (...) Je suis une preuve vivante de la force de la non-violence".
Rappelant l'histoire du siècle passée, la création des Nations Unies, du plan Marshall qui ont -d'après Barack Obama- évité une troisième guerre mondiale tout en permettant une sortie pacifique de la guerre froide, le président des Etats-Unis ne nie pas la nécessité de l'emploi de la force.
Mais il la place dans le cadre de la loi internationale (à la différence de George W. Bush) :
"Pour commencer, je crois que toutes les nations - les fortes et les faibles - doivent adhérer à des normes qui régissent l'utilisation de la force. (...)
Je me réserve, comme n'importe quel chef d'État, le droit d'agir unilatéralement si nécessaire, pour défendre ma patrie. Néanmoins, je suis convaincu que l'adhésion aux normes renforce ceux qui y adhèrent et isole - et affaiblit - ceux qui n'y adhère pas. (...).
"oui, les instruments de la guerre ont un rôle à jouer dans la préservation de la Paix. Et pourtant, cette vérité doit coexister avec une autre: celle qui dit que oh combien jusitifiée, la guerre reste la promesse d'une tragédie humaine."
Replaçant à nouveau les Etats-Unis dans le concert mondial, Barack Obama a déclaré :
"L'engagement américain pour la sécurité mondiale ne diminuera jamais. Mais dans un monde où les menaces sont plus diffuses, et les missions plus complexes, l'Amérique ne peut pas agir seule."
Barack a aussi insisté sur l'importance de la défense et de promotion active des droits de l'Homme:
"Même si nous respectons la culture unique et les traditions des différents pays, l'Amérique sera toujours une voix pour ces aspirations qui sont universelles. Nous témoignerons de la dignité sereine des réformateurs comme Aung Sang Suu Kyi, de la bravoure des Zimbabwéens qui ont déposé leurs bulletins de vote malgré les violences subies, celles des centaines de milliers de personnes ont marché silencieusement dans les rues de l'Iran. (...)
Permettez-moi d'ajouter ceci: la promotion des droits de l'homme ne peut consister en de simples exhortations. À certains moments, elle doit être couplée avec une laborieuse diplomatie."
J'ai apprécié aussi la conclusion pleine de ce pragmatisme américain que j'aime tant:
"Nous n'avons pas besoin de penser que la nature humaine est parfaite pour croire néanmoins que la condition humaine est perfectible. Nous n'avons pas à vivre dans un monde idéalisé pour atteindre encore ces idéaux qui en feront un endroit meilleur."
En anglais dans le texte :
"We do not have to think that human nature is perfect for us to still believe that the human condition can be perfected. We do not have to live in an idealized world to still reach for those ideals that will make it a better place."
Bref, le grand discours d'un grand président. A qui tout reste à faire...
Barack Obama au cours d’une réunion sur le nouveau système de santé US - Flickr de la Maison Blanche.
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