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Lundi 21 avril 2008 1 21 /04 /2008 18:39

Une bonne gouvernance interpelle au premier chef non seulement les autorités politiques de l’Etat et les responsables de l’Administration mais aussi l’ensemble des acteurs économiques et sociaux, soucieux, de faire avancer la société Ivoirienne dans la perspective d’une démocratie participative, équilibrée et renforcée. De sorte à faire partager la justice, la liberté et l’épanouissement par les sociétés à travers l’espace et le temps. Il est nécessaire de créer un cadre de référence qui puisse servir à l’ensemble de la Nation Ivoirienne dans l’élaboration et la mise en œuvre d’un véritable programme conduisant à ériger une vraie politique de bonne gouvernance en norme sociale.

Le développement harmonieux et durable de ce pays repose sur une prise de conscience effective et une mise en pratique des prescriptions de la bonne gouvernance :

- améliorer la capacité de gestion du développement au niveau du secteur public.
- promouvoir et renforcer la confiance entre gouvernants et gouvernés.
- favoriser la participation des citoyens à tous les niveaux d’activités.
-    promouvoir une culture démocratique et un Etat de droit.
Cela aura l’avantage à terme, de préserver prioritairement un climat de dialogue, d’Union et de paix pour permettre à notre pays de se consacrer aux tâches essentielles de développement.

La gouvernance vise entre autres :
- la promotion de l’Etat de droit
- la lutte contre la corruption
- la recherche de la performance en matière de gestion, ainsi que l’impératif de rendre compte.

La « seule gouvernance » opposée à la bonne gouvernance est un phénomène universel qui interpelle tous les Ivoiriens. L’exigence d’une bonne gouvernance apparaît dès lors comme une condition indispensable pour faire face aux défis du futur. En effet, celle-ci prend en compte le renforcement des capacités institutionnelles, dans tous les champs d’intervention de la maîtrise de la croissance économique et le développement de la Côte d’Ivoire.

Une bonne gouvernance suppose, en Côte d’Ivoire, un renouveau politique qui débouche à son tour sur une administration responsable, transparente et moins incertaine. Cela implique donc :

- une lutte acharnée contre la corruption de la base au sommet
- l’Etat de droit, de leaderships
- la démocratie
- la responsabilité de la société civile
- le respect des droits humains
- la justice et l’équité pour un développement soutenu et centré sur l’amélioration des conditions de vie des personnes.
- l’exigence de transparence
- l’obligation des gouvernements à rendre compte
- la collaboration avec les institutions (la représentation)

AU NIVEAU DE LA DEMOCRATIE

1) Les faits

Bien que les choix des dirigeants par les citoyens soient libres et périodiques, les critères d’équité et de compétence ne sont pas  pris en compte dans les nominations des personnes, souvent choisies sur la base ethnique ou partisane. Les tricheries dans les choix des fonctionnaires de l’Administration sont légion.
Les règles du jeu ne sont pas acceptées par le plus grand nombre et cela est souvent source de troubles. L’appareil judiciaire n’est pas indépendant car il y a une prééminence de l’exécutif sur les autres couches socio-professionnelles. Pas de dialogue social. Et pourtant, il est nécessaire qu’il y ait une confiance mutuelle entre les parties.

2) Recommandations:

- organiser des séminaires de formation et de sensibilisation aux règles du jeu démocratique.
- donner la possibilité à tous les citoyens en âge d’accomplir leur devoir électoral de voter
- établir l’équité dans le découpage administratif du territoire ivoirien
- renfoncer la laïcité et la neutralité de l’Etat
- sanctionner toutes les dérives intégristes
- impliquer tous les acteurs au développement à la réalisation de ces recommandations (gouvernement, parlement, conseil économique et social, conseil constitutionnel, société civile, et partis politiques…)
La bonne gouvernance interpelle à la fois les gouvernants, les acteurs de la vie politique, économique et ceux de la société civile. Ainsi, en Côte d’Ivoire, des indicateurs de la « mal gouvernance » nous interpellent à plusieurs niveaux.

I) AU NIVEAU DES DROIT DE L’HOMME.

1) Les droits

Les droits fondamentaux de l’homme sont violés, notamment le droit à la vie, à la liberté, à une vie décente sans discrimination aucune. Les violations sont pratiquées sous des formes souvent subtiles. Le travail des enfants, l’esclavage, les traitements inhumains, dégradants et humiliants. Il en est de même des tortures physiques ou morales, des violences physiques et les mutilations ainsi que toutes formes d’avilissement de l’être humain.

2) Recommandations

- organiser des ateliers de formations des acteurs sur des lois sociales,
- faire une étude socio économique pour identifier les facteurs
- organiser des actions de sensibilisation sur la discrimination et toutes autres formes de violations des droits humains
- élaborer des projets pour soutenir cette initiative
- enquêter l’opinion
- il faut nécessairement associer tous les acteurs à l’application des recommandations (gouvernants, parlement, conseil économique et social, conseil constitutionnel, la société civile et les opérateurs privés)

III) AU NIVEAU DE LA JUSTICE ET DE LA SECURITE

1) Les faits

La sécurité des personnes et des biens n’est pas assurée. Tous les jours, on assiste à des braquages, agressions de domiciles, vols de toutes natures. L’injustice dans la société ivoirienne est au beau fixe : des personnes condamnées et incarcérées se retrouvent en dehors de nos prisons.

2) Recommandations

- renforcer les capacités et les moyens des organes chargés de la sécurité et de la défense.
- Améliorer les moyens humains et matériels de l’appareil judiciaire
- Faire respecter le principe de la réciprocité dans l’application des textes relatifs à la circulation des personnes et des biens au sein des pays de la sous région.
- Lutter contre le banditisme
- Améliorer et fiabiliser l’identification des citoyens sur les registres d’Etat civil.
- Sanctionner effectivement et de façon publique les fauteurs
- Renforcer le système d’identification sécuritaire
- Impliquer tous les acteurs au développement à la réussite de ce projet.


Article publié dans le quotidien ivoirien "Le jour plus" du 3 mai 2008

Par Denis-Zodo - Publié dans : Politique africaine - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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