La gouvernance en Côte d’Ivoire s’impose à tous comme un sujet de réflexion en vue de la sortie de crise d’une part et de l’accession au développement d’autre part. Ainsi, elle interpelle
aussi bien les autorités politiques et administratives, que l’ensemble des autorités économiques et sociales de notre pays, soucieux de son développement harmonieux et durable. Cela veut dire que
les gouvernants et les gouvernés ont en partage une lourde responsabilité politique et morale, qui impose la bonne gestion des affaires de l’Etat. D’ailleurs, cet outil efficace de gestion des
affaires fonde les injonctions du FMI à l’égard des pays en voie de développement pour tout concours financier extérieur qui conditionne l’engagement dans la voie de la démocratie ; et de la mise
en œuvre des reformes économiques pour le dialogue politique. Ainsi, les partenaires au développement décident de lier l’aide au développement, à la bonne gouvernance, après analyse des
indicateurs de développement humain durable. Cela parce que, ce concept leur permet de :
- définir la politique ;
- spécifier les programmes d’assistance ;
- Mesurer les moyens.
Que contient donc ce concept ? Est-il une réalité en Côte d’Ivoire ?
On peut l’affirmer sans risque de se tromper que non.
Parce que sous le pouvoir de la refondation, la majorité des ministres issus du gouvernement, ne sont que des professeurs de lycées, collèges et d’université. Et cela a nécessairement changé les donnes.
Après seulement 8 ans de pouvoir, ils ont vite oublié leur appartenance du néo-socialisme : AMANI N’GUESSAN MICHEL, ABOU DRAHAMANE SANGARE, DANO DJEDJE SEBASTIEN, SERY BAILLY, KONE DRAMANE, OULAYE HUBERT, MAMADOU KOULIBALY, pour ne citer que ceux-là, tordent le coup à la bonne gouvernance.
Avant tout, que contient la notion de gouvernance ?
La gouvernance, c’est la gestion effective, impartiale et transparente des affaires publiques à travers la création de structure par un régime accepté par le peuple, comme une autorité légitime, dans le but de promouvoir et de rehausser les valeurs sociales recherchées des individus et des groupes, pour le renforcement de la légitimité de la sphère publique. Elle s’applique également aux secteurs privés et aux associations. En effet, on y aperçoit dans la nation, la nécessité du renforcement des capacités institutionnelles, structurelles et humaines. Ici, elle a deux (2) dimensions :
- L’une vise à démontrer comment un système politique résoud les problèmes publics, maîtrise les conflits et distribue des ressources d’une manière équitable, dans l’intérêt du peuple et de
l’Etat.
- L’autre vise, la dimension politique et institutionnelle qui, porte sur le mode de la transmission du pouvoir (séparation des pouvoirs). Le partage institutionnel du pouvoir, le choix
démocratique et la concurrence politique, le jeu des contres pouvoirs ainsi que l’état des espaces de liberté.
D’ailleurs, une enquête réalisée en Décembre 1998 par l’INS (institut national de statistique) a révélé que l’application de la bonne gouvernance concoure à :
- la préservation de la paix sociale ;
- la construction de l’unité nationale ;
- l’amélioration du bien être de la population ;
- la création d’un climat socio- économique et politique favorable.
Des indicateurs, contraires à la " mal gouvernance", paraissent plus que nécessaires.
Quels sont alors ces indicateurs ?
Il existe six (6) indicateurs essentiels de la bonne gouvernance ce sont :
- La légitimité de l ‘autorité ;
- La respectabilité publique ;
- La responsabilisation publique ;
- L’accès à l’information ;
- L’efficacité et la transparence de la gestion publique ;
- La tolérance.
Ce sont là les éléments qui constituent les principes de la gestion transparente. Partant de là, notre pays étant en situation de turbulence, n’a t-il pas besoin de s’équilibrer avec de telles initiatives ?
D’abord à l’analyse de notre environnement politique, économique et administratif, la"mal gouvernance" semble être le facteur explicatif essentiel de la crise que nous vivons aujourd’hui.
La "mal gouvernance" nœud gordien de la crise.
En effet, elle suppose que le régime ou l’autorité légitime est fondée sur des textes légaux et des règles fondamentales qui sont connus de tous. Car ayant participé à leur élaboration et l’ayant
adopté dans un contexte démocratique. Or, à la lumière des réalités, ces choses ont souvent été troubles et sans franchise intellectuelle. La respectabilité publique qui permet de mesurer le
rapport de confiance entre les responsables des autres partis politiques, les membres de la société civile et les partenaires sociaux, la recherche de l’intérêt mutuel dans le respect des
règles du jeu, n’est pas de mise. La méfiance est totale car chacun dit et se dédit. Les décisions prises souvent ensemble dans le sens de l’intérêt général deviennent du coup caduques et
inopérantes. Quant à la responsabilité publique qui oblige à rendre compte, en cas de non respect des règles de conduite adoptées, elle devient aussi impuissante, si bien qu’aucune mesure
ou procédure régulière pour assurer le remplacement des déviants n’est possible. L’on aboutit alors à l’impunité dans un monde où coexistent la criminalité et la corruption à grande échelle comme
chez nous en Côte d’Ivoire sous le pouvoir des refondateurs. Il en est de même pour l’accès à l’information adéquate par les médias libres, indépendants ou engagés qui ne peuvent éclairer la
conscience du peuple en vue de renforcer la confiance entre les parties. La liberté de la presse bien que légalement exprimée, est compromise dans la pratique par des actions de dissuasions
orchestrées par des groupes souvent informels (milices, des personnes en treillis non identifiées etc.) L’efficacité qui est une variante importante de la gestion publique n’est pas de mise. La
gestion n’est pas transparente. Or, il faut donner le droit à chaque citoyen de comprendre les décisions et y adhérer en toute liberté. L’esprit participatif de la gestion politique et économique
est entaché de polémiques dans un environnement de fraude, de corruption et de terreur.
NECESSITE DE TOLERER
Enfin la tolérance c’est-à-dire l’acceptation des autres acteurs publics ou privés pose d’énorme problème.
En fait, comment collaborer avec celui qui a tenté de me tuer ou qui a tué mon frère ou un ami ? Nonobstant les clivages et les antécédents entre acteurs publics ou privés, il est
nécessaire de tolérer. Car la tolérance implique le caractère indispensable du partenariat secteur public, secteur privé, société civile et partenaire politique. La mise en œuvre d’un tel
partenariat implique la collaboration, la coopération et la participation publique. Il faut donc utiliser de façon cumulative ces indicateurs pour apprécier la bonne gouvernance.
Exigences de la bonne gouvernance
Pour accéder au développement avec la contribution de l’Union Européenne (UE), le dialogue politique est conditionné. Au récent accord du coton ou dans le cadre de la collaboration UE / ACP, des exigences de la bonne gouvernance ont été réaffirmées comme conditionnalité à la collaboration. Ainsi, le dialogue politique et le développement démocratique dans une perspective participative a été indiqué et "imposé " aux Africains.
Désormais, l’Afrique ne doit se développer sous le concours de l’UE que si ces conditions sont respectées. Nous avons signé ces accords, qu’attendons--nous donc ?
Enfin, pour l’heure, chacun doit apporter sa part de sacrifice en agissant dans le sens de l’avancée de la paix, chose chère à notre pays. C’est pourquoi, il est souhaitable à présent en Côte d’Ivoire, d’instaurer une véritable démocratie avec des élections ouvertes, libres et transparentes, afin de consacrer la puissance publique. Dès lors, tout doit être mis en œuvre pour l’organisation des élections afin d’asseoir un président légitime.
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