La stratégie électoraliste de Gbagbo
Ils ne sont pas des Saints. Or, c’est ce qu’ils veulent faire croire. Après huit (8) ans passés à la tête de l’Etat, à créer le lit, voire à instituer la corruption, le chef de l’Etat Laurent Gbagbo et ses affidés jouent les rigoureux à un moment crucial. Celui de l’approche des élections. En effet, la date du 30 novembre 2008, a été décidée pour le premier tour de la présidentielle en Côte d’Ivoire. Conscients que la tâche ne sera pas facile, le Président de la République et les siens multiplient les opérations de charme. Ce que le Front populaire ivoirien (Fpi) n’a pu faire pour les populations en huit ans de pouvoir, Gbagbo le leur promet désormais. En fait, il ne s’agit ni plus ni moins, que d’un tape à l’œil. Car, croyez moi, si le chef de l’Etat devait être réélu, la Côte d’Ivoire retomberait dans les mêmes travers. Ainsi, une fois achevées les campagnes et les promesses mirobolantes, le racket, les achats de diplômes, les primes d’admission aux concours feront de nouveau surface. La preuve, de 1990 à 2000, Gbagbo et son parti avaient promis monts et merveilles aux Ivoiriens s’il était élu. Mais que ne fut leur déception dès l’avènement de la brumeuse refondation à la magistrature suprême. S’en suivent alors le népotisme, la gabegie au sommet de l’Etat, les détournements dans la filière café cacao et des hydrocarbures. Mais plus ; la falsification de diplômes, l’admission aux concours pour les plus offrants. Consacrant ainsi la médiocrité à l’Ecole et dans tous les corps de métiers. Le plus grand forfait est intervenu en août 2006 où des responsables Ivoiriens et pour la plupart, des caciques du Fpi, n’ont pas hésité à acheter la mort pour leurs compatriotes. C’est ce qu’on a appelé le « Scandale des déchets toxiques ». Des tonnes de produits ont en effet, été déversées en divers points à Abidjan, la capitale économique ivoirienne. Causant ainsi la mort de nombreuses personnes, des déplacements massifs et un nombre incalculable d’intoxiqués. Tout ce gâchis, pour des milliards de francs cfa engloutis. Le directeur général du port autonome d’Abidjan, Marcel Gossio, le Gouverneur du district d’Abidjan, Amondji Pierre, le directeur des Douanes d’alors, Gnamien Konan, tous proches du chef de l’Etat, avaient été cités comme étant à l’origine de ce coup mortel.
Que de contradictions !
Mais contre toute attente, les mis en cause ne seront pas inculpés. Suspendus, Laurent Gbagbo qui prétend être un homme de rigueur et de justice, les fera installer à leurs postes.
Récemment, à une cérémonie où il était invité, c’est le chef de l’Etat lui-même qui, répondant à ses détracteurs, clamait ceci : « le Pdci en a fait autant pendant quarante (40) ans. C’est notre tour, laissez-nous faire pour nous. Quand le tour des autres viendra, ils feront pour eux. (…). L’enrichissement n’a pas commencé en octobre 2000 », précisait-il. Quelques mois seulement après cette sortie, Gbagbo entame curieusement un combat. Celui de la transparence, de l’honnêteté et de la rigueur. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est Laurent Gbagbo qui s’indigne maintenant de la corruption qui gangrène le milieu de l’organisation des examens et concours. Le samedi 07 juin dernier à Tiassalé, c’est lui qui dénonçait des ministres véreux. Qu’il accuse de prendre de l’argent à des entreprises, tout comme des agents de mairies et de sous-préfectures qui réclament des pots de vin avant l’établissement de copies de jugements supplétifs, d’extraits de naissance ou d’autres papiers administratifs.
En réalité, l’attitude du n°1 ivoirien n’est pas difficile à comprendre. Il espère tout simplement pouvoir toucher à un fléau dont l’existence préoccupe les Ivoiriens. Et ainsi, se présenter à leurs yeux, comme l’honnête monsieur, farouchement engagé dans la lutte contre cet état de fait. A la question de savoir pourquoi durant huit années d’exercice du pouvoir, Gbagbo n’a pas daigné dénoncer le racket et la corruption, la réponse n’est autre chose que la guerre. C’est justement le prétexte utilisé par le Fpi depuis le 19 septembre 2002, pour justifier son incapacité à éradiquer les tares de la société ivoirienne.
Pour tout dire, le natif de Mama (dans l’ouest de la Côte d’Ivoire) tente de se faire passer pour le Saint qu’il n’est pas. Pendant qu’il a autour de lui des champions de la gabegie et des responsables de l’organisation des concours, aussi boulimiques que dilapidateurs, il s’entête à vouloir combattre la gabegie et la tricherie. Pour avoir la confiance du peuple. Mais, ce combat pour le moins digne, devrait commencer autour de lui, pour ne pas dire à ses côtés. On espère que la moralisation de la vie publique qui a commencé dans la filière café cacao ira à son terme. Les gros mangeurs gravitent autours de lui. Mais, Gbagbo fait planer l’épée de damoclès sur le citoyen, logé à mille lieux de lui. Rien que de la poudre aux yeux. Mais le peuple n’est pas dupe. L’entreprise, avouons-le, est vouée à l’échec.
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