Ce 7 août 2008, la Côte d’Ivoire a 48 ans d’indépendance. Le pays a passé 42 de ces 48 ans dans une paix relative. Mais depuis le 19 septembre 2002, la nation ivoirienne traverse une crise en passe de prendre fin, à la grande joie des Ivoiriens et de la Communauté internationale. Car, depuis mars 2007, les ennemis d’hier, à savoir le camp présidentiel ivoirien et l’ex-rébellion des Forces nouvelles ont décidé de fumer le calumet de la paix. Et le fait que Guillaume Soro soit devenu Premier ministre du gouvernement, a changé beaucoup de choses dans la politique ivoirienne. Si bien que peu à peu, l’agressivité a fait place au dialogue et à la cohabitation. C’est dans cette accalmie qu’intervient donc ce 48ème anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. La cérémonie officielle, elle, a eu lieu au palais présidentiel d’Abidjan plateau, avec un défilé militaire devant les plus hautes autorités du pays et des ambassadeurs accrédités en Côte d’Ivoire. Mais déjà le 6 août, c'est-à-dire la veille, le chef de l’Etat, dans son traditionnel message à la nation a dit sa préoccupation pour la paix en Côte d’Ivoire. Si le n°1 ivoirien est d’ordinaire virulent dans ces discours et rue dans les brancards contre son opposition, cette fois, il a affiché un bon ton. Comme à son habitude, il a célébré encore une fois la Constitution de la Côte d’Ivoire sur laquelle il s’est reposé depuis la crise de septembre 2002, pour demeurer au pouvoir malgré la fin de son mandat le 26 octobre 2005. On le comprend, Laurent Gbagbo doit beaucoup à cette Constitution. Qui dit Constitution dit Institutions de la République. On se souvient également que le chef de l’Etat s’était battu pour maintenir, en sus de la Présidence de la République, l’Assemblée nationale, la Cour suprême, le Conseil constitutionnel et le Conseil économique et social. C’est à juste titre s’il a décoré au cours des cérémonies du 7 août de cette année, leurs responsables respectifs que sont Mamadou Koulibaly, Tia Koné, Yanon Yapo, Laurent Dona Fologo, et d’autres personnalités du pays.
Peu prolixe sur l’élection de novembre…
Laurent Gbagbo, dans son discours, a fait une ouverture sur la démocratie électorale, pour ne pas dire les élections à proprement parler. S’il appelle ses compatriotes à adopter la voie des élections pour désigner ses dirigeants, l’homme reste peu bavard sur la tenue de la présidentielle de novembre prochain. D’ordinaire, c’est un Laurent Gbagbo confiant qui affirme mordicus aux Ivoiriens que l’élection présidentielle aura bel et bien lieu le 30 novembre 2008. Mais dans son discours de la veille de l’indépendance, le chef de l’Exécutif a simplement abordé la question sur un autre angle. Dissuadant les uns et les autres à contourner la voie électorale pour accéder au pouvoir. Car, selon lui, chaque fois que les uns et les autres ont voulu contourner cette voie, « la Côte d’Ivoire s’est trouvée plongée dans une crise plus ou moins longue, plus ou moins aiguë. ». Mais où était passé ce Laurent Gbagbo qui mettait en confiance tous ses compatriotes et qui les rassurait quant à l’effectivité de la tenue des élections le 30 novembre 2008. Est-ce à dire que le chef de l’Etat commence à gagner en doutes comme de nombreux Ivoiriens qui s’imaginent déjà mal la tenue de ce scrutin à la date indiquée ? En effet, beaucoup estiment que seulement quatre mois nous séparent de cette date, et qu’il sera impossible de terminer à l’heure, les opérations d’identification et de recensement. Mais d’autres soupçonnent le chef de l’Etat de faire la politique de l’autruche. En clair, pour eux, Laurent Gbagbo crie aux élections, alors qu’il ne veut guère y aller parce qu’il serait sûr de les perdre. « Tant qu’il ne sera pas certain de les remporter, Gbagbo jouera à gagner du temps », pensent ces Ivoiriens. Qui voient en ces lenteurs, une stratégie du chef de l’Etat pour retarder ces élections. Toujours est-il que le Président Gbagbo n’a pas trop rassuré sur la question. L’élection n’a pas été le seul sujet sur lequel le chef de file de la Refondation n’a pas été très bavard.
... et sur la vie chère.
En évoquant la crise alimentaire et la crise de l’énergie, le chef de l’Etat est resté évasif sur ces questions. Voici tout ce qu’il en dit. « En Côte d’Ivoire, nous avons été directement touchés par la crise alimentaire et la crise de l’énergie. J’ai donné des instructions au gouvernement et des mesures ont été prises pour amortir le choc de ces crises, en évitant une flambée des prix des denrées de première nécessité. Mais cela n’a pas suffi. D’où la hausse récente des prix du carburant à la pompe qui a suscité des remous dans le pays. J’ai compris la colère des Ivoiriens. Mais c’est ensemble que nous devons faire face. », a déclaré le n°1 ivoirien. Vous le constatez avec moi, M. Gbagbo ne dit rien qui puisse intéresser les Ivoiriens. Les décideurs sont au palais présidentiel et à la Primature. Avec qui entend-il donc faire face à ces différentes crises ? Au lieu de situer ses compatriotes sur ce qu’il peut faire pour alléger de plus en plus leurs souffrances, il se met dans le même sac que le peuple qui souffre. En somme, là aussi, le chef de l’Etat s’est dérobé. Malheureusement !
| Septembre 2010 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | 30 | |||||||
|
||||||||||
Derniers Commentaires