C’est un leurre. Les Etats-Unis entraînent leurs alliés occidentaux dans une crise qui n’en est pas une en réalité. Il semble que la lutte contre le terrorisme n’est qu’un prétexte pour les Américains en vue de donner forme à leurs intentions inavouées. La guerre contre les talibans en Afghanistan –qui vient de faire 10 morts dans les rangs des soldats français-, la traque aux militants de Al qaïda et à son chef Oussama Ben Laden sont en effet, des stratégies pour détourner Français, Britanniques, Canadiens…, de la réalité. Celle qui consiste à tirer seul, profit de ce combat qui n’est autre que la volonté d’une mainmise américaine sur le pétrole du monde. Nous le disions récemment dans un de nos articles, les Etats-Unis n’ont d’yeux que pour l’or noir du monde, où qu’il se trouve. Et ils entendent le conquérir par tous les moyens. Mais pour réussir leur coup, les Américains implantent des bases militaires dans les régions convoitées pour maîtriser les flux pétroliers. Et comme il n’est souvent pas facile d’être acceptés dans des régions hostiles, les USA créent des problèmes et les attise. Ils mettent alors tout en œuvre pour qu’ils ne soient pas résolus de sitôt. Ainsi fait, ils procèdent par des chantages sur les pouvoirs en place, des pouvoirs sclérosants, pour avoir la mainmise sur le pétrole de la région. Ce fut le cas au Kosovo où les Américains, promettant un Kosovo multiethnique et pacifié, ont plutôt armé l’UCK à qui ils ont confié la mission de déstabiliser la région. C’est d’ailleurs grâce à ce problème que les Etats-Unis parvinrent à installer leur plus grande base militaire créée à l’étranger depuis la guerre du Vietnam. La réalité, c’est que Washington ne veut pas de solution à ces problèmes et préfère pêcher en eau trouble. C’est le cas avec les talibans qu’ils ont armés et soutenus en Afghanistan, avant de retourner leurs armes contre eux, quand ceux-ci ne faisaient plus leur affaire. C’est pareil pour Ben Laden qu’ils ont également actionné contre le pouvoir afghan, et d’autres milices en Bosnie, au Kosovo, en Macédoine, en Tchétchénie. Avant de se mettre aux trousses du Saoudien. L’Irak avait aussi et surtout été soutenu par les Américains pour combattre l’Iran, jugée trop rebelle. Après les huit années (1980-1988) de guerre intense, l’Irak a été lâché par les Etats-Unis. Puis, trois années seulement après, Georges Bush (le père) lançait la première attaque américaine contre l’Irak de Saddam Hussein. Depuis, ce pays et son président d’alors, étaient dans le viseur des Américains. A tel point que l’Irak a constamment été accusé à tort ou à raison, de fabrique d’armes non conventionnelles. Lesquelles accusations ont conduit en mars 2003, à l’invasion du pays et à l’arrestation de Saddam Hussein, mais aussi et surtout à sa pendaison. On peut donc le constater, les Américains n’ont d’intérêt que pour ce qui peut rapporter gros à leur pays. Même sur l’affaire Ben Laden, on ne comprend pas la position américaine qui semble tout de même diffus et confus.
La question Ben Laden, un imbroglio
Ce qui donne le sentiment d’une Amérique qui fait un double jeu dans l’affaire Ben Laden, c’est que ce dernier étant en liberté, les USA ont plus d’opportunités à mettre en pratique leurs stratégies d’implantation et d’approvisionnement en ressources énergétiques. Tenez ! En 1999, puis en 2001, avant les attentats de New York, les talibans qui estimaient que la présence de Ben Laden sur leur territoire empêchait leur reconnaissance internationale, avaient donc proposé aux Etats-Unis qu’ils l’élimineraient ou qu’ils le neutraliseraient. Mais à chaque fois, les Américains ont refusé. Toujours peu avant les attentats, Ben Laden, alors qu’il était recherché depuis trois ans et considéré comme l’ennemi n°1 des USA, était arrivé à Dubaï pour se faire soigner. Et là, il avait sans inquiétude aucune, rencontré le responsable local de la CIA. De plus, après le 11 septembre 2001, ces mêmes talibans ont proposé à nouveau de livrer Ben Laden pour qu’il soit jugé dans un pays neutre. On se rappelle que pour l’attentat aérien de Lockerbie, un Libyen avait subi le même sort. Et pourquoi pas Ben Laden ? Mais le président Bush a tout de suite refusé, sans pouvoir donner les raisons de son refus catégorique. Alors, qu’on nous dise si oui ou non, les Etats-Unis sont vraiment déterminés à résoudre la question générale du terrorisme, avec en ligne de mire l’éradication du phénomène Ben Laden. Car, après de telles informations, on peut être convaincu que les USA sont en train de se moquer de leurs alliés, pour ne pas dire de tout le monde entier. A quel jeu jouent les Etats-Unis ? Serait-on tenté de s’interroger. Mais il n’y a pas mille réponses à cette question. Les Américains ne veulent pas mettre un frein au terrorisme. L’arrêt de ce phénomène international n’arrange surtout pas le pays de Bush. Leur souhait, c’est surtout de le voir perdurer, de sorte à profiter de cette situation trouble pour agir à leur profit. Car, dans une situation d’accalmie, où tous ont le temps d’aborder les situations avec calme et discernement, comment les Etats-Unis peuvent-ils avoir la mainmise sur l’or noir des pays d’Asie et d’Asie centrale ? Comme un gros malin, Bush, surtout lui, est en train d’avoir les occidentaux à son piège. Mais Paris, Londres, Ottawa ne perçoivent pas le jeu obscur des USA.
Nul ne peut le croire, mais les Etats-Unis ont des relations très privilégiées avec ceux qu’on pense être leurs ennemis. Si bien que arrêter Ben Laden ne serait pas un problème pour eux s’ils le désiraient. Comment ont-ils pu retrouver Saddam Hussein dans sa cachette ? Grâce certainement à au moins un de ses proches. Et comment ont-ils pu retrouver ses deux fils, tués ensuite le 23 juillet 2003 à Mossoul ? Ils ont en effet été dénoncés par un très proche, le chef de la tribu sunnite des Abou Issa, le Cheick Mohamed al-Zeidane qui les recueillait chez lui à Mossoul. C’est dire que les Etats-Unis avaient la possibilité de mettre la main sur les têtes fortes du terrorisme. Mais ils ne le font pas, parce qu’ils veulent maintenir la situation sous tension. C’est à leur profit, et ils préfèrent les choses ainsi. Comme cela, Bush et ses collaborateurs agissent mieux et facilement.
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