Présentation

Recherche

Texte Libre

Lundi 25 août 2008 1 25 /08 /2008 18:35

           

 

Le 30 novembre 2008 : illusion ou réalité ? Déjà reportée à deux reprises après la signature de l’accord de Ouagadougou le 4 mars 2007, la présidentielle ivoirienne, annoncée à grands renforts de publicité pour le 30 novembre 2008 aura-t-elle réellement lieu à la date indiquée ? Répondre par la négative ne serait pas faire forcément fausse route. Au regard des retards accusés dans la mise en œuvre des différents programmes du processus global et spécifiquement du processus électoral. Voyons. Après la signature de l’accord complémentaire de Ouagadougou le 28 novembre 2007, c’est le 30 juin 2008 qui avait été retenue pour la présidentielle en Côte d’Ivoire. Mais la volonté politique n’ayant pas suivi, il va sans dire que cette date ne pouvait pas être tenue. Si bien que l’ayant compris, un conseil des ministres extraordinaire sur la question des élections, annonçait le 14 avril, le report de cette présidentielle au 30 novembre 2008. Mais là aussi, nous voilà à trois mois de ces échéances. Or, de nombreuses conditions ne sont pas encore remplies pour la tenue de cette élection. Le désarmement des ex-rebelles n’est pas encore terminé. Le démantèlement des milices pro-Gbagbo n’est pas à l’ordre du jour. Ces deux questions concernent l’aspect sécuritaire. Pour ce qui est de l’aspect organisationnel de ces élections, rien de concret n’est fait sur le terrain. De quoi agrandir le pessimisme qui habitait chacun des Ivoiriens depuis le début de ces nombreux reports. Et pourtant, l’accord de Ouagadougou avait donné beaucoup d’espoir, dans la mesure où les retrouvailles entre le camp présidentiel ivoirien et les ex-rebelles des Forces nouvelles, les deux anciens belligérants, étaient considérés par nombre d’observateurs, comme la célébration de la paix des braves. Désormais, ceux qui s’étaient tirés là-dessus à coups de canon, s’entendaient, au point de décider d’aller ensemble, à la paix. Et de quelle façon ? En conduisant ensemble l’Exécutif. Ainsi, le secrétaire général des Forces nouvelles, Guillaume Soro, a été nommé au poste de premier ministre du gouvernement ivoirien. Qui l’eût cru au plus fort de la crise militaro-politique ? Et pourtant, c’était le cas. On attendait donc que le chef de l’Etat traduisît ses actes en volonté politique. Dans la mesure où l’accord politique de Ouagadougou est la volonté personnelle du chef de l’Etat qui en a été l’initiateur. C’est lui et ses partisans qui rejetaient tous les autres compromis politiques, à savoir les accords de Marcoussis, d’Accra et de Pretoria, les qualifiant de contraignants, parce que selon eux, imposés à la Côte d’Ivoire par l’extérieur. Alors, l’accord de Ouagadougou est, à la différence des précédents, une affaire goupillée par les Ivoiriens, par les frères ennemis eux-mêmes, qui ont vu l’intérêt de faire revenir la paix dans leur cher pays. En fait, Laurent Gbagbo et les siens éprouvent un certain nationalisme qui ne dit pas son nom. Le rejet de ce qui vient d’ailleurs (hors de la volonté des Ivoiriens), étant devenu chez eux, chose primordiale. En avril 2007, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Mamadou Koulibaly, membre du parti au pouvoir résumait cette idée en ces termes. « Les premier ministres Seydou Diarra et Charles Konan Banny ont échoué tout simplement parce qu’ils étaient les choix de la France. Guillaume Soro n’échouera pas parce qu’il est le choix du président Gbagbo et des Ivoiriens. Nous le soutenons, et nous ferons en sorte qu’il réussisse là où il est », affirmait le député de Koumassi, une commune de la capitale économique ivoirienne.

Mais pourquoi, en dépit de cette confiance retrouvée et de cette volonté de mieux faire, les présidentielles de fin novembre ne pourront pas se tenir encore une fois ?

 

                                                     La douloureuse réalité

 

C’est le président de la Commission électorale indépendante, Robert Beugré Mambé qui déclarait le 31 mai dernier, que la liste électorale provisoire serait publiée au plus tard le 31 août 2008. Et jusque là, l’identification n’a pas débuté. On ne parlera donc pas de liste électorale, là où il n’y a pas encore un début de recensement. Pire, il est question ces derniers jours, de rattrapage au niveau des audiences foraines. Nous estimons que du temps a été suffisamment donné à cette opération pour lui permettre de s’achever. Quel pourrait être alors le but de ce rattrapage ? Ne s’agirait-il pas encore là d’une perte de temps ? Nous croyons que si. Car, tous ceux qui avaient l’intention de se faire délivrer des jugements supplétifs ont eu le temps nécessaire de le faire. C’est pourquoi, cette session de rattrapage nous paraît inopportune. De plus, la reconstitution des registres d’état-civil dont il est question et qui devrait selon les autorités ivoiriennes, coûter des millions de francs à l’Etat, est à notre avis un faux problème sur lequel l’on ne devrait réellement pas s’attarder. Dans la mesure où chacun de nous a au moins une copie de son acte de naissance ou de son jugement supplétif, avec celui de ses enfants, et de ses parents s’il s’avère que ceux-ci sont très âgés. La preuve, à Abidjan, les Ivoiriens nés dans les zones sous contrôle de la rébellion, étaient invités à présenter une copie de leur jugement supplétif, pour se voir délivrer des copies d’acte de naissance dans les mairies d’Abidjan s’ils le désiraient. Pourquoi ne pas user de la même façon pour reconstituer le plus facilement du monde, les registres disparus ? En appelant tout simplement les natifs des régions où les registres ont disparu ou ont été détruits, à se faire enregistrer pour la reconstitution de ceux-ci.

Par rapport à l’identification, les autorités racontent à la population que tout est prêt pour que l’opération démarre. Mais, peut-on dire à la population que le matériel de SAGEM, l’opérateur technique privé, est déjà déployé sur le terrain ? Ce n’est pas évident. On suppose aussi que ces valises électroniques fonctionnent à partir d’énergie électrique. Si c’est le cas, que ferons nous dans des gros villages non encore connectés au réseau électrique national ? Supposons donc que la SAGEM est arrivée avec des groupes électrogènes. Et combien y en a-t-il pour nos nombreux villages plongés dans l’obscurité ?

En outre, il est question, si l’on s’en tient à l’article 11 du code électoral, que la liste électorale soit affichée dans les lieux de vote, trois mois avant les élections. Sans compter avec les erreurs susceptibles de se glisser sur ces listings. Il faudra donc quinze jours aux éventuels plaignants pour les notifier, en vue des corrections à apporter. Car, Olivier Jérôme n’est pas Olivié Jérome. Tout comme au nord, Ouattara Soumaïla n’est pas Ouattara Soumalaye. De même qu’au centre-ouest du pays, Ourega et Ouraga sont deux noms de famille qui se ressemblent bien et qui pourraient se confondre. Et entre Zogbo et Zoglo, une erreur de frappe pourrait se glisser, occasionnant ainsi des corrections, et par conséquent des retards. En tous les cas, les erreurs sont humaines et il faut s’y attendre. Au sud par exemple, un Yapi Yapo Marcellin peut rapidement se transformer en un Yapi Yapi Marcellin ou encore un Yapo Yapo Marcellin. Ou au lieu de Traoré Karidja née à Katiola, on peut marquer Lakota, deux villes ivoiriennes qui se ressemblent dans leurs prononciations. En somme, beaucoup de difficultés à surmonter avant ces élections. L’un des détails importants concerne aussi le document qui servira aux électeurs de voter. S’agira t-il de cartes nationales d’identité, d’actes de naissance ou de simples cartes d’électeurs ? Si c’est la carte nationale d’identité qui est retenue, il sera question de les établir pour chaque citoyen en âge de voter.

 Même si la SAGEM prétend pouvoir terminer le travail en un temps record, autant avouer que le 30 novembre 2008 est trop juste pour être tenu. Puisqu’il faut y ajouter la volonté politique qui manque à la bonne marche de ce processus. Les petits calculs et les coups bas politiques empêchent le processus électoral, pour ne pas dire l’ensemble du processus de paix, d’avancer. Certains voulant tout maîtriser avant de laisser ces élections se dérouler. C’est à ce petit jeu qu’on assiste, et qui nous permet, avec la réalité du terrain, de déduire que la présidentielle du 30 novembre n’aura pas lieu. Même si nous sommes convaincus qu’elle aura bel et bien lieu un jour. Mais quand précisément ? C’est là la grande question.     

Par Denis-Zodo - Publié dans : Politique ivoirienne
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Retour à l'accueil

Profil

Images Aléatoires

Syndication

  • Flux RSS des articles

Calendrier

Septembre 2010
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30      
<< < > >>

Recommander

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés