Mardi 26 août 2008
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Né le 20 août 1942 à Covington, dans le Tennessee aux Etats-Unis, le multi dimensionnel artiste américain, IsaacHayes est décédé le
dimanche10 août 2008 à Memphis, toujours dans le Tennessee. Chanteur et auteur-compositeur de soul, le musicien américain a tiré sa révérence à 65 ans, après service rendu à son pays et au monde.
Isaac Hayes a été l’un des grands noms de la musique noire américaine, si bien que son titre phare « Theme From Shaft », avait été couronné aux Grammy Awards et aux Oscars. En fait, pour être multi
dimensionnel, Isaac Hayes l’était. En plus d’être chanteur et auteur-compositeur, il était acteur de cinéma, animateur d’émissions de radio à New York, de 1996 à 2002, puis à Memphis. Il a appris
le piano et le saxophone comme autodidacte. C’est justement en tant que pianiste qu’il a joué pour Otis Redding, un autre grand nom de la musique black américaine. Comme musicien et arrangeur,
Hayes a soutenu Alicia Keys sur son premier album. Avec son album « Black Moses », il va décrocher en 1972, un autre Grammy. Mais c’est son album « Hot Buttered Soul » qui lui donna en 1969 une
image de star. Pendant sa carrière d’artiste, l’homme a composé les musiques des films auxquels il a souvent participé comme acteur. Justement, il a joué dans une quarantaine de films, dont « Les
Durs » de Duccio Tessari en 1974. Un film qui traduisait bien sa personnalité. Puisque Isaac Hayes était effectivement « Un Dur », un dur à cuir même. Le crâne rasé, chaînes en or et lunettes
noires, Isaac Hayes était ce qu’on appelle ici chez nous en Côte d’Ivoire, « un bandit », au sens figuré du terme s’entend. En d’autres termes, il n’a peur de rien. Le crâne toujours rasé, sans
aucun cheveu sur la tête, ce vrai Négro donnait vraiment l’allure d’un crâne brûlé. Des informations concernant ce look particulier, laissaient entendre qu’il avait à son service 35 coiffeurs.
Celui là même qui a été élevé par ses grands parents après le décès de ses parents dès son jeune âge, est aussi celui qui a inspiré les jeunes faiseurs de rap. « Les rappers sont arrivés et ont
créé beaucoup de musiques sous mon influence », reconnaît-il. Mais Hayes n’avait pas que ces qualités sus mentionnées. Il avait aussi un cœur d’or. Ses œuvres humanitaires, dont la construction
d’une école au Ghana, ont fait de lui un défenseur des causes perdues. « C’était un homme charmant, toujours prêt à défendre des causes », dixit le pasteur Jesse Jackson, présent à ces cérémonies
funéraires. L’alphabétisation et les droits civiques, c’étaient aussi ses points forts. On ne le dira jamais assez, il était un monument. Ce n’est pas pour rien si à ses funérailles, Denzel
Washington, Tom Cruise et Wesley Snipes, des dinosaures du cinéma étaient là. Au même titre que le compositeur David Porter. Marié et père d’un petit garçon, Hayes n’aura pas vécu inutilement. Il a
servi le monde entier de son talent, de sa valeur, de son savoir faire. Il n’était pas un Américain Black, confiné dans ses Etats-Unis. Il s’est ouvert au monde entier. En Europe et
particulièrement en France, en Afrique, précisément au Ghana, et dans d’autres continents, l’homme au crâne hostile aux cheveux, s’est fait adulé, tout en inspirant la jeune génération. Mais de
vous à moi, pensez-vous que Hayes est vraiment mort ? Je ne pense pas. Avec des morceaux enlevés qui continuent de bercer dans la nuit, des films comme Shaft, Agence tous risques, Rick Hunter ou
encore Deux flics à Miami…, nous n’osons penser que ce « Dur » est parti à jamais. Sachons-le, Isaac Hayes n’est pas parti. Du moins pour ceux qui l’ont connu, ceux qui ont appris à le connaître à
travers ses œuvres. Un homme de cette espèce ne meurt pas. Il se réfugie, le temps de donner le temps de mieux apprendre à le connaître à travers ses œuvres. Pour ce qu’il a fait et laissé de si
cher au monde, nous qui avons appris à le connaître avant son départ, saluons son savoir faire multi dimensionnel. Adieu donc l’Artiste. Que ton courage et ton savoir inspirent encore plus la jeune
génération, soucieuse, je l’espère, d’une relève digne du nom.
Par Denis-Zodo
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Publié dans : culture
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