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Vendredi 29 août 2008 5 29 /08 /2008 12:53

                                 

La guerre en Afghanistan n’est pas un fait actuel. Ce pays a une histoire faite de crises et de conflits. Il a connu de multiples occupations durant les siècles qui se sont succédés. Mais son histoire, ces dernières années, est marquée par de nombreux coups d’Etat dans les années 1970, mais aussi par l’occupation soviétique dans les années 1980, et surtout par une guerre civile qui a pris fin avec la prise du pouvoir des Talibans en 1996.

Situé entre l’Asie centrale et le sous continent indien, l’Afghanistan a été le théâtre d’âpres et fréquentes batailles entre les puissants voisins, qui avaient pour intention, d’étendre leur zone d’influence. Entre la Russie et la Grande-Bretagne au 19ème siècle, mais aussi et surtout, entre l’URSS et les USA, du temps de la guerre froide.

Partons plutôt de l’occupation russe. Plongé dans des crises à répétition, l’Afghanistan connaît le 28 décembre 1979, un autre coup d’Etat, soutenu par l’URSS. Brejnev, le dirigeant soviétique à cette époque là, ordonna d’envahir le pays avec 80 000 soldats, prétextant de sauver la révolution communiste afghane, et installe Babrack Karmal au pouvoir. Mais, c’est en janvier 1980 que les troupes soviétiques envahissent la majeure partie du pays, combattant ainsi la rébellion anti-communiste. Des musulmans de nombreux pays, le Saoudien Oussama Ben Laden en premier, rejoignent l’Afghanistan pour une bataille contre l’URSS, aidés en cela par la CIA (services secrets américains), qui leur apporta un soutien matériel et financier.

Non content des résultats de Karmal, l’URSS lui préféra le chef de la police secrète afghane, Dr Mohamed Najibullah. Et malgré les accords de Genève du 15 avril 1988 entre le gouvernement de Kaboul, l’URSS, le Pakistan voisin et les Etats-Unis d’Amérique, la guerre a continué. Avec d’immenses pertes en vies humaines, 13 000 soldats soviétiques tués, Mikhaïl Gorbatchev, le désormais homme fort de Moscou ordonna un retrait des troupes soviétiques d’Afghanistan en mai 1988 et Najibullah essaie de former un gouvernement de coalition via l’accord de Genève, signé en avril, mais son effort resta complètement ignoré.

 En avril 1992, Kaboul va tomber aux mains de Moudjahidin et la République islamique d’Afghanistan est proclamée. Rabbani devient alors son président, quand  Gulbuddin Hekmatyar, chef d’un autre mouvement moudjahidin,  refusant le poste de premier ministre, entre en conflit contre Rabbani. Dans cette guerre interne aux Moudjahidin, apparaissent à la fin de l’année 1994 à Kandahar, les Taliban, conduits par un professeur de l’Islam, Mollah Omar. C’est le 27 septembre 1996 que Kaboul tomba aux mains des Taliban. Le pouvoir aussi. Le Mollah Omar, chef charismatique du mouvement, dirige le pays sans aucun titre politique ou constitutionnel. Malgré la prise du pouvoir des Taliban, l’Afghanistan ne connaît pas la paix. Avant les attentats du 11 septembre 2001 à New York, deux attentats sont perpétrés contre les Ambassades américaines de Tanzanie et du Kenya le 7 août 1998, pour commémorer la date anniversaire du débarquement des soldats américains dans les pays du Golfe. Tenu pour responsable, Ben Laden devient l’ennemi n°1 des Américains, et l’homme à abattre. Lui qui fut pourtant un de leurs alliés dans leur combat contre l’impérialisme de l’URSS en Afghanistan. Un pays qui fut dès lors, la cible des Américains et des pays de l’OTAN, sous le couvert de l’ONU. S’en suivent alors, un embargo aérien et d’autres sanctions contre l’Afghanistan, pour soutien au terrorisme. Mais lorsque intervient les attentats du World Trade Center le 11 septembre 2001, Oussama Ben Laden, fondateur du réseau Al Qaïda, basé en Afghanistan, est tenu pour responsable de ces actes. Le régime taliban est alors la cible première des Etats-Unis dans leur lutte contre les réseaux terroristes. Ainsi, les forces militaires américaines bombardent les principales villes talibanes et les bases d’entraînement terroristes. Le régime taliban tombe en 2002, et un régime de transition est mis sur pied.

 

                                             La désillusion de la coalition

 

Ceux qui croyaient qu’après la chute du régime taliban, l’Afghanistan retrouverait la paix, se sont lourdement trompés. Et on pensait reconstruire le pays dans le calme. Que non ! Le pays continue d’être dévasté par une guerre civile qui dure depuis. L’ONU a mis sur pied une coalition internationale pour aider les Afghans à retrouver une vie normale. C’est pourquoi, des milliers de soldats étrangers, dont quelques 2 500 Canadiens, y ont été envoyés dans ce but. Les forces britanniques et françaises, les ont accompagnés, avec bien entendu les forces américaines. Mais les forces de la coalition, ne savaient vraisemblablement pas ce qui les attendait dans ces montagnes. En fait, la Grande-Bretagne, la France et le Canada s’invitaient dans un débat qui ne les regardait pas, et qui ne les arrangeait pas non plus. Car, comme nous l’écrivions précédemment, les Etats-Unis qui entendent faire mains basses sur le pétrole de la région, sont prêts à tout. Cette lutte d’intérêt, Français, Britanniques et Canadiens ne la voient pas ainsi. Jouant les suiveurs, ils engagent leurs pays respectifs dans un conflit meurtrier. Tenez ! En plus des dix soldats français tués le 18 août dernier en Afghanistan, les soldats canadiens et britanniques qui ont péri dans des attentats suicides et autres embuscades, se comptent par centaines. En 2006, il y a eu 123 attentats-suicides tandis qu’au cours des huit premiers mois de 2007, l’ONU a enregistré 103. En février 2008, deux attentats en deux jours ont tué plusieurs centaines de personnes, dont des civils. Dans ces pays formant la coalition, la présence de leurs soldats en Afghanistan constitue une préoccupation, si bien qu’elle est devenue politique. Aux Etats-Unis par exemple, le candidat démocrate à la Présidentielle de novembre prochain, Barack Obama, a utilisé la guerre en Irak contre les républicains. Au Canada, le premier ministre Harper est pris à partie par les partis de l’opposition qui ne veulent pas de leurs troupes sur ce territoire d’insécurité. Toujours est-il que malgré la volonté du président afghan, Amid Karzaï, de négocier avec les Taliban, avec l’objectif de les réintégrer dans le jeu politique, rien n’est résolu. Les combats font rage et l’insécurité grandit dans ce pays, exsangue et abandonné à lui-même. Mais ce qui mérite d’être su, c’est que la tâche de la coalition reste ardue. Là où l’URSS s’est cassée la figure, faut-il attendre mieux de la coalition ? Peut-être. Mais en dépit de cette union sacrée, avouons-le, les choses ne seront pas aussi faciles qu’on le pense. Autant revoir donc sa position.    

 

 

Par Denis-Zodo - Publié dans : Politique internationale - Communauté : Les blogs républicains
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