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Lundi 5 janvier 2009 1 05 /01 /2009 09:23

 Israël et la Palestine se battent depuis longtemps, des vies humaines se perdent chaque jour, les attentats suicides s'alternent avec des opérations militaires dangereuses. Aujourd’hui encore, avec la résurgence de celle-ci, la recherche des motivations profondes de ses acteurs nous interpelle. Ainsi, pour les causes de cette crise, certains pensent qu’elles sont liées à un problème de  territoire, les autres y trouvent une explication politique ou religieuse. Qu'en est-il au juste? Pourquoi la Communauté internationale ne fait seulement qu'assister impuissante à cette tragédie ?

 

Avant tout, rappelons que le conflit israélo-arabe ou conflit isréalo-palestinien est né au Proche-Orient après la fin du mandat britannique sur laPalestine, entre les États arabes et la population arabe vivant en Palestine d'une part et la population juive sioniste puis l'État d'Israël d'autre part.

Dès 1920, alors que le territoire était sous contrôle britannique, des heurts ont éclaté en Palestine entre Arabes et Juifs, ceux-ci culminant lors de la révolte arabe de 1936-39 et lors de la guerre de 1948, qui voit la création de l'État d'Israël. Le conflit israélo-arabe a débouché sur 6 guerres ou conflits armés (la guerre de 1948, la crise de Suez de 1956, la guerre des Six Jours de 1967, la guerre de Kippour de 1973, la première guerre du Liban de 1982, la deuxième guerre du Liban en 2006). Et par extrapolation, on pourrait ajouter les deux Intifada . Pour cette crise, la réalité est triste et pire : une terre pour deux peuples, c’est le drame israélo-palestinien depuis la deuxième guerre mondiale. Le peuple juif et le peuple palestinien se disputent la Palestine. Deux nations en concurrence pour cette patrie sont les Arabes Musulmans qui revendiquent la création d’une Palestine arabe, soutenus par la Ligue Arabe fondée en 1945 qui regroupe les pays arabes composés de l’Egypte, l’Irak, la Syrie, le Liban, l’Arabie Saoudite, le Yémen, et la Transjordanie (Jordanie actuelle). Ces peuples sont au nombre de plus de 1 250 000 en Palestine et sont de la religion islamique.

L’autre groupe est constitué des Juifs, depuis la déclaration de Balfour dans les années 1920 qui leur accordait de créer un foyer juif. En 1939, ils sont encore peu nombreux, mais après la guerre, ils s’y réfugient pour tenter de fonder un Etat juif.

En réalité, les Arabes acceptent la création d’un Etat juif, à condition que celui-ci  voit le jour hors de la Palestine. En revanche, les Juifs, puisqu’ils considèrent que cette terre est celle des Hébreux, n’envisagent pas de créer cet Etat ailleurs. De plus, il y a déjà un foyer juif en Palestine et des milliers de Juifs, estimés à plus de  560 000 quelques mois après la guerre, qui sont arrivés  pour s’y installer. Dès lors, le conflit entre ces deux peuples devient inévitable. Face à la crise, des solutions sont apportées.


De l’échec du partage et la naissance d’Israël

En raison de l’agitation et du terrorisme suscités par la crise, l’ONU  intervient et prévoit dans un plan du 29 novembre 1947 le partage en trois zones : un Etat juif, un Etat arabe, et une zone internationale sous tutelle de l’ONU, Jérusalem. Mais cela connaîtra un échec.

En réalité, à mesure que la communauté arabe prenait conscience des intentions sionistes, et parce que cela constituait un danger réel et immédiat qui menaçait l’existence même de la société arabe en Palestine, elle s’opposa vigoureusement à la poursuite de l’immigration juive ainsi qu’à l’achat de terres. A cause de cette opposition, l’ensemble du projet sioniste n’aurait jamais pu aboutir sans le soutien militaire des Britanniques. Rappelons que la grande majorité de la population de Palestine était arabe, présente depuis le 7ème siècle (soit depuis plus de 1.200 ans.) Et, l’opposition des Arabes au sionisme trouvait son origine dans la peur tout à fait légitime de voir leur peuple dépossédé de sa terre, plutôt que dans des considérations purement antisémites. Car, le sionisme qui s’est appuyé sur une vision erronée et colonialiste du monde, ne les considère en aucun cas comme des autochtones.

Le 14 mai 1948, la naissance de l’Etat d’Israël fut proclamée, sur des terres depuis très longtemps habitées par des populations arabes. Elle était le fruit de la culpabilité européenne face à la Shoah et des succès politiques des mouvements sionistes. Mais depuis cela, la violence domine l’histoire de cette région.
Plusieurs négociations n’ont pu apporter des réponses satisfaisantes.
En 2008, Israël, en célébrant  ses 60 ans d’existence, 60 ans de guerres et de violences avec les pays arabes avoisinants, comme avec les Palestiniens, laisse dessiner un long fleuve de sang et de larmes, auto alimenté par les haines réciproques. Mais aujourd’hui, après tant d’échecs sur le plan des négociations de paix, y a t-il encore un espoir pour sortir de la spirale infernale de la violence ? Quelles solutions peut-on dessiner  pour une résolution décisive du conflit ? Y a t - il encore quelque chose à faire pour que les deux peuples vivent enfin en paix, dans deux Etats, côte à côte ?

 

Une méthode visant à la recherche des causes et des facteurs d’entretien du conflit en vue des solutions idoines.

Alors qu’il baigne régulièrement dans le sang, la recherche d’une solution équitable et durable implique que l’on prenne en compte les racines du conflit d’une part, et régler les questions politiques et idéologiques d’autre part. Et enfin, assurer le développement harmonieux de ces peuples.

 

La prise en compte des racines du conflit s’impose

Certes, les Palestiniens sont des « terroristes » irresponsables sans aucun point de vue valable méritant d’être écouté et pris au sérieux. Cependant, leurs griefs sont parfaitement justifiés car, durant la création de l’Etat d’Israël, ils ont été dépossédés de leur terre d’origine sans qu’on ne leur demande leur avis mais surtout par la force. Et tous les crimes  commis après, de part et d’autre, sont la conséquence inéluctable de cette injustice. Il faut donc s’attaquer à la racine pour apporter une solution et trouver des conciliations objectives à cette exigence de ces peuples.

 

D’abord, le traitement de la question politique et idéologique ou religieuse doit être objectif et impartial.

Durant la crise, le slogan favori selon lequel « la Palestine est notre cause centrale, tout le reste étant “secondaire” » est suicidaire et éloigné de la réalité, car la cause palestinienne n’est pas aussi centrale qu’on veut bien le dire. C’est donc un prétexte que manipulent ingénieusement toutes les forces politiques régionales pour discréditer leurs adversaires. On l’a vu, au nom de la “libération de la Palestine”, Arabes et Iraniens essaient de défendre leurs propres intérêts, au détriment des intéressés ; au motif qu’il faut se montrer solidaire des Palestiniens face à l’agressivité d’Israël. On l’a vu, la ­“victoire divine” du Hezbollah en juillet 2006 contre Israël s’inscrit en fait dans le jeu politique libanais, et non dans la lutte pour la libération de la Palestine, voire de Gaza.

Ainsi, lors des actions, l’agenda politique libanais était bien chargé de causes “secondaires ”que de la cause centrale.

A côté, l’Iran, en tendant son long bras aux victimes de Gaza, n’a pas l’intention de soutenir la cause palestinienne, mais seulement de creuser les divisions entre Arabes.

Comme on le voit, cela fait longtemps que la Palestine est abandonnée aux manipulateurs. Et cela continue, puisque d’autres politiciens ont remplacé ceux d’hier pour la considérer comme « une vache à lait » prête à nourrir leurs gloires factices.

A preuve, les attentats suicides des extrémistes palestiniens en Israël se sont poursuivis voire intensifiés, tuant des dizaines de civils innocents. La guerre jusqu’au boutiste contre le terrorisme, entreprise par les États-Unis depuis le 11 septembre 2001, n’a fait que cautionner la politique d’Ariel Sharon dans les Territoires palestiniens occupés, où la violence de la répression, de l’exclusion et de la colonisation enfoncent davantage chaque jour les Palestiniens dans la désespérance.

 

On a vu et on voit se dessiner dans les tentatives de solutions, un cercle vicieux : journalistes, militants, observateurs, hommes politiques aux intérêts obscurs se succèdent en Israël et en Palestine pour constater et tenter de négocier.

 

Toutes les conditions d’une crise majeure ont été ainsi entretenues durant des mois par Israël dans le mépris affirmé des résolutions des Nations-Unies et du droit international.

 

Le gouvernement israélien n’a respecté aucun des engagements pris depuis des années, en sabordant le processus de paix lancé au début des années 90, en refusant l’initiative de paix arabe. La tragédie d’aujourd’hui est le fruit de cette stratégie et du soutien que les Européens, dont la France, et les Etats-Unis ont généreusement octroyés à Israël.

A preuve, Nicolas Sarkozy est lui-même allé très fort jusqu’à encourager le gouvernement de Tel Aviv en rehaussant le statut d’Israël dans son association avec l’Union européenne !

 

Fort de tout ce qui précède, pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, il faut assurer :

·  l’arrêt du massacre ;

·  la levée immédiate et totale du blocus ;

·  la suspension de tout accord d’association entre l’UE et Israël ;

·  l’application des sanctions immédiates contre Israël.

 

Ensuite, l’aide humanitaire est évidemment essentielle et  la poursuite de la satisfaction des  besoins des plus vulnérables est impérieuse.

Il est urgent de faire prévaloir la solidarité pour que la nourriture parvienne à la population de Gaza urgemment.

Pour ce faire, tout le monde doit se sentir concerner car, selon John Fitzgerald Kennedy « en donnant aux autres des droits qui leur appartiennent, nous nous donnons des droits à nous-mêmes ». Il faut donc accroître et préserver ses droits en restituant ceux des autres.

 

 

Enfin, assurer le développement harmonieux de ces peuples.

L'amélioration de la situation passe également par des avancées sur le plan économique et financier pour prévenir l'effondrement institutionnel et fiscal de l'Autorité Palestinienne.

Il faut  suspendre l’accord d’association entre l’Europe et Israël tant que les actes de guerre n’auront pas cessé, et réclamer la réunion d’un Conseil et d’une Assemblée générale de l’ONU en vue de la création d’une force multinationale de protection du peuple palestinien, équivalente des casques bleus.

 

Penser également à l'aide au développement économique est tout aussi urgente dans un cadre de reconstruction nationale.

Selon un auteur intervenant sur cette crise, « toutes les infrastructures ont été détruites. La police, détruite. Il n’y a plus d’écoles, plus d’hôpitaux. Les Palestiniens ne sont plus en mesure de percevoir l’impôt ».

Le peuple de Gaza étouffe depuis des mois sous un blocus économique, un véritable siège, aux conséquences sociales terribles. Plus de 50% des habitants de la Bande de Gaza sont au chômage. Sans eau, sans électricité, sans ravitaillement normal en denrées de base, la vie quotidienne est devenue un enfer. Aucun peuple ne pourrait supporter un tel traitement et une telle volonté d’écrasement et d’humiliation.

Tout le peuple palestinien, en Cisjordanie comme à Gaza, est visé par cette politique inhumaine qui accompagne un processus de colonisation permanent des terres palestiniennes, avec la construction d’un mur d’annexion qui coupe des villages, détruit des cultures, ruine des familles…Il faut donc veiller à un développement économique et social de ces peuples.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Denis-Zodo - Publié dans : Politique internationale
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