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Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /2009 16:19

En effet, les semences d’OGM sont produites en Occident. Même si le rendement à l’hectare est considérable, on ne peut pas sélectionner les semences avec les produits agricoles OGM. Il faut toujours recourir inéluctablement aux nouvelles semences vendues par les laboratoires occidentaux. On dépend donc totalement des fournisseurs occidentaux et comme pour les médicaments, les prix caractérisent l’exploitation de l’homme très pauvre par l’homme très riche! Car, les semences OGM vendues aux pays en voie de développement et les produits alimentaires OGM distribués à titre de dons, malgré toutes les assurances des fournisseurs quant à leur innocuité pour la santé des consommateurs, nous laissent extrêmement sceptiques en Afrique. De plus, les frais de transport, tant des semences que des dons alimentaires en provenance de l’Occident, représentent plus de 50% du coût total de l’opération. C’est une autre manière d’enrichir les sociétés de transport européennes créées sciemment à cette fin, car elles garantissent de nombreux emplois aux pays du Nord.
A cela, on peut ajouter le déversement des déchets électroniques en Afrique.
A Madagascar, au-delà de la dimension sociale de la crise, c’est à une nouvelle forme de colonialisme agraire que nous sommes peut-être en train d’assister. Non contents de piller les ressources minières, les pays du nord se permettent désormais de louer des millions d’hectares de terres arables aux pays du sud pour satisfaire leur consommation, et ce, pour des bénéfices insignifiants pour les populations locales. C’est la fameuse affaire Daewoo. Le géant sud-coréen Daewoo Logistics a annoncé la signature d’un contrat de « location » de 1,300 millions d’hectares de terres arables pour 99 ans, en vue de la culture de maïs et de palmiers.
Dans les détails du contrat,  on a pu voir que, la surface louée représente l’équivalent de la moitié des terres arables à Madagascar.
Daewoo plantera du maïs sur 1 million d’hectares dans la zone Ouest et du palmier à huile à l’Est sur 300 000 hectares. Les semences de palmiers seront importées d’Indonésie et du Costa Rica, celle de maïs des Etats-Unis (Le Monde du 20 novembre 2008), et la récolte brute sera envoyée en Corée du Sud.
 l’accord ne prévoit pas de versement d’argent à l’Etat malgache, les investissements (6 milliards de $ sur 25 ans) dans les infrastructures nécessaires à la mise en place du projet tiendraient lieu de « prix de location », et enfin, Daewoo Logistics n’utiliserait essentiellement que de la main d’œuvre sud-africaine.
Cette absurdité révèle des intentions obscures néocolonialistes. En effet, Madagascar, l’un des pays plus pauvres du globe n’a pas assez de ressources pour nourrir sa population, mais suffisamment pour envoyer de l’huile de palme qui sera convertie en biocarburant pour la Corée du Sud ? La recherche de terres cultivables par les grands groupes internationaux dans les pays pauvres du Sud est une tendance rencontrée dans le monde actuellement. La FAO avait mis en garde les pays en quête de terres à cultiver à l’étranger contre un système assimilé à du ” néo-colonialisme “.
Mais quel fondement donne t-on à ces comportements ? Cette nouvelle tendance n’est pas étrangère à la crise financière qui sévit sur la planète. La plupart des pays émergents et africains vivent dans la peur panique d’un retrait massif des capitaux étrangers. La crainte d’une baisse des investissements directs étrangers présentés par les organisations internationales comme la panacée aux problèmes lancinants du développement, pousse certains dirigeants africains à tout mettre en œuvre pour récupérer des devises, comme la cession massive de terres agricoles. Le processus largement entamé est appelé à s’accélérer. Des centaines de milliers d’hectares de terres arables sont ainsi menacées. Des centaines de milliers d’autres ont déjà été aliénées sous cette nouvelle forme de colonisation appelée “concession”.
Fort de tout cela, on se rappelle que la mise à nu des séquelles dues à la période coloniale et des préjudices qui en découlent, directement ou indirectement, ne peuvent qu’approfondir, dans l’esprit du peuple, la conscience de soi, la détermination à la lutte et à la résistance ; ainsi, il sera toujours prêt à faire échec aux tentatives répétées du colonialisme, qui ont pour objectif de soumettre la nation africaine tout entière au néo-colonialisme.
Et bonjour la résistance future des Africains.

Par Denis-Zodo - Publié dans : Economie - Communauté : BLOGS, en parler ...
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