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Dimanche 28 juin 2009 7 28 /06 /2009 13:40

                

La Côte d’Ivoire n’est plus loin des élections générales post-crises. Et certains se hasardent déjà à faire du charlatanisme. En effet, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Mamadou Koulibaly, un des membres influents du parti au pouvoir, le Front populaire ivoirien (FPI), n’a pas dérogé à ce « jeu de hasard ». Il était l’invité du Barreau ivoirien qui commémorait son cinquantenaire en début de semaine dernière. Et le thème qu’il développait était « Contribution des partis politiques dans l’édification de l’Etat de droit, la promotion et la défense de la démocratie ».

Le président des parlementaires ivoiriens a exhorté les partis politiques à former et à informer leurs militants sur la démocratie et l’Etat de droit. Pour lui, le financement des partis politiques ne peut se justifier que parce que la Constitution concède aux partis politiques de concourir à la formation du peuple et à l’expression du suffrage. Et Mamadou Koulibaly de relever qu’entre 2006 et 2008, les sept partis signataires de l’Accord de Marcoussis en France, en plus des privilèges liés au partage du pouvoir au sein du gouvernement de transition, ont reçu 6 milliards 358 millions de Francs CFA. « En principe, ces fonds alloués aux partis, auraient dû leur être d’une plus grande efficacité dans leur mission constitutionnelle. Mais au vu de leurs performances, l’on peut en douter », a regretté le conférencier. « Ces fonds devraient aider les partis à mieux participer à la vie démocratique et à faire connaître leurs droits et leurs obligations aux citoyens électeurs et aux populations en général », a-t-il laissé entendre, au vu selon lui, du poids de chaque parti après l’enrôlement des électeurs à la date du 30 mars 2009. A cette date, notons-le, sur 8 663 149 électeurs potentiels à enregistrer dans l’ensemble du pays, 6 006 024 électeurs étaient inscrits, soit un taux de couverture de 69,33%, quand 2 657 125 personnes restaient à enrôler, soit environ 30,67%.

 

                                            Un sondage tendancieux

 

Mamadou Koulibaly estime à mots couverts, que les partis politiques n’ont pas fait assez dans la formation et l’information de leurs militants, puisque le taux de 30% de personnes non recensées est quelque peu élevé. Et notre conférencier, de s’aventurer dans des estimations hasardeuses. Etablissant le poids de chaque parti politique après l’enrôlement en mars 2009, il attribue au FPI, son parti, 1 478 225 personnes enrôlées sur 2 607 061 personnes à enrôler, soit 56,70%.

Au PDCI, l’ancien parti au pouvoir, il déclare 1 160 485 personnes enrôlées, sur 1 792 110 personnes à enrôler, soit 64,76%.

Quant au RDR d’Alassane Ouattara, il attribue le nombre de 760 937 personnes enrôlées sur 1 233 913 personnes à enrôler, soit 61,67%.

S’agissant du quatrième parti le plus significatif du pays, à savoir l’UDPCI de Mabri Toikeusse, Koulibaly annonce l’enrôlement de 254 826 électeurs sur les 538 285 que compte le parti, soit 47,34%.

On le constate, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne parle de populations enrôlées et de populations à enrôler. Sur quelles bases ou quels critères, ce « néo enquêteur » en étude d’opinion, sans la compétence requise, a-t-il établi ce sondage ?

A-t-il retenu un échantillon de personnes qui, au sortir des lieux d’enrôlement, lui ont avoué dans quel parti militent-elles ?

Ou s’est-il basé sur l’appartenance ethnique de chaque personne recensé ? En d’autres termes, si nous sommes Kouadio, Yao, Kouakou, Konan et que sais-je encore, Mamadou Koulibaly nous classe ipso facto au PDCI, parti d’influence au centre du pays.

Au cas où nous sommes Soro, Koné, Coulibaly, Ouattara et autres, on me dirige vers le RDR, majoritairement représenté au nord du pays.

Et si nous sommes Digbeu, Koudou, Séry, Djédjé, Rabé, Bailly et tutti quanti, on nous prédestine le FPI, un parti bien prisé dans l’ouest du pays.

Mais quand nous sommes Guéï, Gueu, Gouet, Diomandé, Gonto ou Bleu, la destination est connue. C’est le parti dominant dans la région des Montagnes, dans le grand-ouest, l’UDPCI.

Des estimations ethniques bien graves, fondées sur « du rien » et du « léger ». En un mot, sur aucun élément crédible.

Mais Koulibaly s’en défend. « Le découpage ayant permis ces statistiques, tient compte des résultats des élections des Conseils de 2002 et considère seulement que la zone d’influence d’un parti représente les départements dans lesquels ce parti a gagné les élections du Conseil général… », justifie t-il. En se basant sur les données des Conseils généraux, Mamadou Koulibaly se plante. Puisque dans des localités,  des partis ont fait fusion, pour soutenir le candidat d’un parti donné. Comme à Abidjan, où le PIT et le PDCI ont soutenu le FPI, et à San Pedro, où l’UDPCI a apporté ses voix au FPI.

Si l’on s’en tient au sondage de Mamadou Koulibaly, on peut déduire que le FPI part, à ce jour, favori aux élections de 2009. Or, à la vérité, c’est archi-faux.

Par Denis-Zodo - Publié dans : Politique ivoirienne - Communauté : BLOGS, en parler ...
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