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Jeudi 2 juillet 2009 4 02 /07 /2009 18:35

                          

Le 13ème sommet de l’Union africaine (UA), s’est ouvert mercredi à Syrte, dans le centre de la Libye. C’est le guide libyen, Mouammar Kadhafi qui a ouvert les travaux de ce sommet, en sa qualité de président en exercice de l’UA. De grands noms étaient annoncés à l’ouverture de ce 13ème sommet. Le président réélu d’Iran, Mahmoud Ahmadinedjad, le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, le président égyptien Hosni Moubarak qui devrait s’exprimer en ouverture, et le président brésilien Lula Da Silva.

Au final, c’est le président brésilien qui a répondu à l’appel des Africains. Celui d’Iran n’a pu effectuer le déplacement de Syrte qui est confronté à une contestation de son opposition, amenée par Mir Hossein Moussavi. Le président du Conseil italien prépare le sommet du G8 qui doit se tenir la semaine prochaine à L’Aquila, mais il a annulé sa participation à la suite du déraillement dans la nuit de lundi à mardi d’un train de marchandises et de l’explosion d’un wagon-citerne rempli de gaz de pétrole liquéfié (GPL) qui ont fait au moins 16 morts à Viareggio, en Toscane, dans le nord de l’Italie. Mais l’un des grands absents, c’est le président Moubarak, l’Africain. L’agence de presse officielle MENA qui avait rapporté l’information, n’a avancé aucune raison.

Pour la participation du président iranien, des informations font état de ce que plusieurs délégués étaient agacés que le dirigeant libyen ait invité Ahmadinedjad sans consulter les instances dirigeantes de l’UA. Vrai ou faux ? Ce qui est certain, c’est que le N°1 iranien n’a pas quitté Téhéran. Peut-être qu’il était informé du courroux de ces Africains ; ce qui l’a dissuadé à venir à Syrte. Mais il semble que Kadhafi qui soutient Ahmadinedjad dans le bras de fer qui l’oppose à son opposition et à l’Occident, voulait lui apporter un soutien fort et légitimer en quelque sorte, son pouvoir qu’Américains et Européens contestent de l’extérieur.

Le président Lula du Brésil, qui a été désigné cette année « prix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix », du nom de l’ancien président ivoirien, a de très bons rapports avec les Africains. Sa participation est la consécration de cette amitié et de cette collaboration entre l’Afrique et l’Amérique du Sud. D’ailleurs, outre Lula qui a rehaussé l’image de ce sommet, on pouvait compter les représentants d’autres régions du monde comme ceux des pays des Caraïbes. Toute chose qui a permis à Kadhafi, à l’ouverture hier mercredi, d’inviter ces pays des Caraïbes, à devenir des observateurs, et pourquoi pas, à rejoindre l’UA, étant donné que, selon lui, leurs habitants sont des Africains. Il est même allé plus loin pour dire que ces pays des Caraïbes qui ont des prolongements avec l’Afrique, constitueront une passerelle de contact et une courroie de transmission entre l’Afrique et l’Amérique Latine. Mieux, le guide libyen s’est également félicité de la volonté et du désir des Arabes non-Africains d’Asie d’adhérer à l’UA et de se rapprocher de l’UA qui abrite les deux tiers des Arabes, non sans souligner que l’avenir se trouve dans la création d’un seul espace arabo-africain ou peut-être une union arabo-africaine.

On le constate, à l’avenir, l’UA finira par devenir une organisation pluridimensionnelle. Dans une organisation où feront partie, comme le souhaite Kadhafi, les pays d’Amérique Latine et arabes, quel poids auront des pays comme la Gambie, le Togo, la Guinée et d’autres pays économiquement faibles ?

Il est peu certain que l’idée de cette union inter continentale prospère au sein des leaders africains. Mais plus, il est à constaté que le Libyen cherche à en imposer aux pays noirs d’Afrique. Il compte constituer une union tenue à bout de bras par les pays pétroliers du monde arabe et d’Amérique du Sud, pour casser la suprématie de l’Europe et des Etats-Unis.

Peut-être une bonne idée, mais si Hugo Chavez, le président vénézuélien peut être partant, parce que leader de la contestation de l’Occident sur le monde, ce n’est forcément pas le cas de certains dirigeants du continent africain qui ont du mal à prendre leurs distances avec l’Europe ou les Etats-Unis d’Amérique qui sont comme des dieux vivants pour eux. Sans qui, ils ne sont capables du peu.

Au lieu de penser à cette aventure de grande union qui pourrait ne pas porter de fruits, en raison des intérêts particuliers de chacun des concernés, Kadhafi ne serait-il pas plus lucide à faire prospérer le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) ? Puisqu’il estime que le NEPAD doit être revu, et intégré à l’UA. Le NEPAD ne doit pas être une structure différente de l’UA. Parce que les bailleurs de fonds s’en servent pour dicter leurs conditions aux Africains, Kadhafi estime que dès lors, « celui qui veut coopérer avec le NEPAD doit passer par l’Union africaine ». 

Par Denis-Zodo - Publié dans : Politique africaine - Communauté : BLOGS, en parler ...
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