Dimanche 5 juillet 2009
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Après Le Caire en Egypte, le 4 juin dernier, où le président américain Barack Obama a tendu la main au monde
musulman dans un discours responsable et unificateur, le premier président afro-américain de l’histoire remet ça. En effet, il sera à Accra au Ghana, les 10 et 11 juillet prochain. Le président
américain visitera Accra, la capitale du Ghana, où il sera accueilli par son homologue ghanéen, John Atta Mills, vainqueur des dernières élections présidentielles. Les sujets de coopération
bilatérale et de géopolitique sous régionale africaine devront constituer l’essentiel des entretiens. Pourquoi le Ghana, et pas un autre pays anglophone ? S’interrogent certains. Le Ghana, on
le sait, est un pays stable depuis un certain nombre d’années. Non seulement le pays compte parmi les exemples de démocratie en Afrique, mais aussi et surtout un exemple de développement
socio-économique qui laisse à espérer. Les années indépendances avaient été particulièrement fastes pour le pays, grand producteur de café et surtout de cacao, mais également un sous-sol riche en
minerais. Les années 70, contrairement aux précédentes, ont imposé la récession au pays, qui va connaître des problèmes politiques et économiques. Dans une instabilité politique et économique, le
Ghana entrera dans les années 80 avec des coups d’Etat militaires, jusqu’à celui de Jerry Rawlings. Comparativement aux autres Etats en bonne santé financière, le Ghana était comme la dernière de
la classe. « Il est tombé comme Ghana cacao », entendait-on dire. Pour dire que le Ghana qui faisait partie des premiers producteurs de cacao, avait vu sa production baisser
considérablement, à cause de la crise. Mais Rawlings mettra les points sur les i. Il va contribuer à redresser le pays, jusqu’à rendre le tablier après des années de travaux intenses. Suite à des
élections claires et transparentes, John Kufuor va prendre le pouvoir, l’exercer pendant deux mandats, avant de le céder, pour d’autres élections présidentielles claires, à l’issue desquelles, John
Atta Mills a été élu en décembre 2008. Aujourd’hui, le Ghana compte parmi les pays qui ont devant eux, un avenir meilleur. Comme le Benin, le Mali, et un peu le Sénégal, le pays du footballeur
Abedi Ayew Pelé fait partie des pays pris en exemple. Le Libéria a connu la guerre et est lui aussi en train de se retrouver. Idem pour la Sierra Léone. Le Kenya, la terre des ancêtres de Barack
Obama a été récemment secoué par des violences post électorales. Pareil pour le Zimbabwe. Obama veut donner le bon exemple, même s’il avait officieusement reçu à Washington, une haute autorité de
« son pays », et officiellement, Morgan Tsvangiraï, le premier ministre et opposant zimbabwéen, à qui il avait remis une aide financière pour les populations en détresse. Obama veut
visiter les pays qui font des efforts, des pays exemplaires. C’est cela, la lecture des hommes politiques. Chirac et Sarkozy en ont fait autant pour les pays francophones. Ces deux chefs d’Etat
français ont tout le temps esquivé la Côte d’Ivoire, à chacune de leurs visites en Afrique. Chirac en 2003, Sarkozy en 2009 sont arrivés au Niger, sans mettre les pieds en Côte d’Ivoire, la
préférée des colonies, paraît-il. Le président ivoirien Laurent Gbagbo, élu dans des « conditions calamiteuses » selon lui-même, en 2000, n’est pas fréquentable. Il traîne, semble t-il
trop de casseroles. Le visiter serait la porte ouverte aux abus dans des pays qui s’essaient à mieux faire. Et même Bush, l’ancien président américain, a effectué une tournée africaine sans songer
à la Côte d’Ivoire. Obama sera également à quelques petits kilomètres d’Abidjan. Mais pas question de saluer au passage Gbagbo. Et pourtant, depuis plusieurs années, les Etats-Unis d’Amérique
viennent de donner la preuve que la Côte d’Ivoire compte aussi pour eux, même si le pays est francophone. La plus grande Ambassade des USA construite en Afrique de l’Ouest. Sur des hectares de
surface, dans un quartier chic de la capitale économique ivoirienne. L’ambassadeur ? Mme Wanda Nesbitt ne faisait pas un mois sans rencontrer le chef de l’Etat Laurent Gbagbo pour parler
d’organisation des élections. La Côte d’Ivoire est suivie de près. Malgré tout, Obama va passer. C’est le Ghana qui est à la page. Une bonne publicité pour le pays. Mais surtout, un retour aux
sources, aux pures sources.
Par Denis-Zodo
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Publié dans : Politique africaine
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