Une victoire des Forces de l’OTAN est-elle possible en Afghanistan ? Difficile de le dire. Toujours est-il que depuis la nuit du mercredi 1er au jeudi 2 juillet derniers, plus de 4000 soldats américains sont en Afghanistan, soutenus par 650 policiers et militaires afghans, sont en Afghanistan, pour prendre le contrôle de la province d’Helmand avant l’élection présidentielle du 20 août prochain. Il s’agit pour l’administration Obama, de sécuriser au cours de cette opération dite « Coup de poignard », la province avant cette élection, et de restaurer la confiance des habitants, à l’égard du gouvernement afghan. Baptisée « Khanjar » en dari ou pachtoune, les deux langues principales de l’Afghanistan, cette opération pourra t-elle réellement se solder par un succès de la coalition ?
La première phase de l’offensive devrait durer 36 heures, selon des officiers de l’armée américaine. Les cibles principales étant les districts de Garmser et de Nawa, qui touchent les zones tribales du nord-ouest du Pakistan, d’où les Talibans attaquent fréquemment depuis leurs bases arrière.
Helmand est considérée comme un fief des talibans. On produit dans cette zone du sud, la plus grande partie de l’opium du pays, qui fournit 90% du marché mondial de l’héroïne.
Les Forces de la coalition veulent aller très vite et très fort. En quelque sorte, il s’agit de prendre de vitesse les Talibans en ne leur laissant pas le temps nécessaire de réagir. Le général Larry Nicholson, commandant en chef du corps expéditionnaire des Marines en Afghanistan, l’a signifié un peu avant l’opération.
Mais le mollah Hayat Khan, un commandant Taliban, a affirmé que « des milliers de moudjahidines Talibans sont prêts à combattre les troupes américaines engagées dans cette opération ». Et il n’a pas tort. Puisque sur le terrain, l’objectif visé par les troupes américaines est totalement en déphasage avec la réalité du front de combat.
Même si nous savons que depuis la guerre du Vietnam, autant de soldats américains n’avaient été engagés dans une opération aéroportée. Mais nous savons également, depuis le Vietnam, que, même vainqueur de toutes les batailles, il est difficile, voire impossible, de venir à bout d’une guérilla qui dispose de financements et de zones de repli impénétrables. Et pourtant, il semble que les Talibans contrôlent une partie des 4 milliards de dollars (2,9 milliards d’Euros) annuels de l’argent de la drogue, transformant les zones tribales pakistanaises en émirat islamique. Les Talibans ont non seulement l’argent qu’il faut pour financer la guerre, mais aussi, ont la maîtrise des territoires. On peut donc dire que l’impasse militaire est bien évidente. Car, il y a d’un côté la détermination de l’armée américaine de venir à bout des Talibans avec ses nombreux hommes, mais de l’autre côté, la résistance des Talibans qui, en sous nombre, avec leurs 18 000 hommes environ. Dans cette grisaille, il peut venir à l’idée de chercher sans en trouver, des Talibans modérés avec qui on peut négocier ; puisque les Talibans dits extrémistes, sont en position de force, et donc, n’ont aucun intérêt à négocier. Mais il semble aussi que 30 000 jeunes provenant du Moyen-Orient, d’Asie et d’Europe qui ont été endoctrinés et entraînés par Al-Qaïda entre 1996 et 2001. L’objectif de l’administration Obama serait aussi d’atteindre 68 000 soldats en fin d’années. Car, en 2008, ils étaient 32 000.
Déjà, il est question depuis le 30 juin, de l’enlèvement d’un soldat américain qui avait quitté sa base en compagnie de trois collègues afghans après son travail. Et un responsable des Talibans, de déclarer que le soldat, enlevé dans la province de Paktika, serait relâché en échange de la libération des combattants détenus par l’armée américaine.
De plus, à en croire « France Soir », sept policiers afghans ont péri ces derniers jours, dans l’explosion d’une bombe placée en bordure de route, dans la province de Kandahar, au sud. Aussi, selon le même journal, le ministère britannique de la Défense a confirmé de son côté, la mort de deux de ses soldats au cours de deux incidents distincts, alors qu’ils étaient dans la province d’Helmand. L’on annonce plusieurs attentats à la bombe dans différentes régions du pays, faisant des dizaines de victimes.
Malgré leurs colonnes de blindés, des dizaines d’avions et d’hélicoptères et leurs milliers de Marines soutenus par les Forces afghanes et celles de la coalition, la bataille du terrain reste épique et presqu’équilibrée, si elle ne tourne pas à la faveur des Talibans. « S’ils ne gagnent pas, ils ne perdront pas non plus », déclarait un civil afghan, interrogé dans Kaboul, quand un autre affirmait que les Américains auront beau combattre, la situation ne changera pas.
N’oublions pas que les soldats de l’ancienne URSS étaient deux fois plus nombreux que les Forces de l’OTAN en Afghanistan entre 1979 et 1989. Et pourtant, ils avaient essuyé une cinglante défaite. Allez y comprendre quelque chose. Et ce n’est pas faux, ce que le sage africain dit, quand il affirme qu’« on n’arrive pas le matin dans un village, pour en devenir le soir, le chef ». Réfléchissons-en ensemble.
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