Société générale a annoncé mardi une augmentation de capital de 4,8 milliards d'euros qui lui permettra de
rembourser 3,4 milliards d'aides de l'Etat et de saisir des opportunités de croissance externe, dont le rachat des 20% détenus par Dexia dans le Crédit du Nord.
La Société générale est la troisième banque française à annoncer un remboursement en moins d'une semaine, après BNP Paribas et le Crédit Mutuel.
Ces décisions s'inscrivent dans un mouvement plus large en Europe et aux Etats-Unis, où les banques profitent d'une reprise en fanfare des marchés pour retrouver leur autonomie financière.
"D'ici peu, toutes les banques auront remboursé l'Etat", déclare le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, dans une interview publiée mercredi par Le Figaro.
L'Etat a prêté en deux fois, fin 2008 et début 2009, une vingtaine de milliards d'euros à six grands réseaux bancaires français pour les aider à reconstituer leurs fonds propres après la crise financière de l'automne dernier.
Claude Guéant estime que l'Etat gagnera 500 millions d'euros grâce aux intérêts de ces prêts, alors que le gouvernement avait initialement annoncé un gain de 1,4 milliard.
"Ne pas être le dernier (à rembourser) nous a semblé quelque chose d'assez pertinent", a déclaré le P-DG de la Société générale, Frédéric Oudéa, lors d'une conférence de presse.
C'est le deuxième appel au marché réalisé par la banque depuis le début de la crise financière, après l'augmentation de capital de 5,5 milliards lancée à la suite des pertes provoquées par l'affaire Kerviel.
Frédéric Oudéa a cependant souligné que le remplacement des fonds de l'Etat par ceux des actionnaires de la banque ne modifierait en rien les engagements de Socgen pris vis-à-vis du gouvernement en matière de rémunération des dirigeants ou du financement de l'économie française.
Le président Nicolas Sarkozy avait annoncé lundi qu'une grande banque française rembourserait l'Etat au cours de la semaine et s'était félicité des bénéfices financiers que le gouvernement retirerait de son aide au secteur bancaire.
L'opposition socialiste a critiqué l'intervention de l'Etat, arguant qu'une nationalisation partielle du secteur aurait eu l'avantage de lui faire bénéficier du rebond des marchés financiers intervenus depuis mars dernier.
"L'Etat a fait une bonne opération et n'a pris aucun risque", a commenté Frédéric Oudéa, chiffrant à 185 millions d'euros le coût de l'opération pour la Société générale.
En France seuls le Crédit agricole et la banque mutualiste BPCE n'ont pas encore annoncé de remboursement.
LES MOYENS DE SES AMBITIONS
L'action Société générale, qui a reculé à l'ouverture des marchés, a remonté en territoire positif à la mi-journée, des investisseurs jugeant positif que la banque se donne les moyens de ses ambitions de croissance externe.
"Avant, ils annonçaient beaucoup de projets mais n'en avaient pas les moyens, maintenant ils les ont", a ainsi jugé un analyste, accueillant favorablement les ambitions de la Société générale dans la banque privée et en Europe de l'est.
Ajoutant à l'optimisme, le management a dit au cours de la conférence de presse que la banque s'attendait à un troisième trimestre légèrement meilleur que le deuxième sur le plan comptable.
A 17h00, l'action Société générale était en hausse de 2,47% à 53,51 euros mais légèrement en deçà de l'indice Dow
Jones des banques en hausse lui de 2,99%.
Les analystes ont aussi été rassurés par les ratios de solvabilité du groupe qui ressortent renforcés par l'opération.
"En prenant en compte cette augmentation de capital, les remboursements des instruments détenus par la SPPE et l'acquisition des 20% complémentaires de Crédit du Nord, le ratio Core Tier One du groupe pro forma au 30 juin 2009 ressort à environ 8,0% et le ratio Tier One à 9,7%", dit SG dans son communiqué.
"Nous évaluons les 20% de Dexia dans Crédit du Nord à 510 millions. Donc même en finançant cette opération, il reste à SG plus d'un milliard d'euros", explique un analyste.
SG souligne que l'opération devrait avoir un impact neutre sur le bénéfice net par action (BNPA) en 2010.
L'augmentation de capital sera réalisée avec maintien du droit préférentiel de souscription ("DPS") des actuels actionnaires du groupe.
Neuf DPS permettront de souscrire deux actions nouvelles au prix unitaire de 36 euros (soit 1,25 euro de nominal et 34,75 euros de prime d'émission) conduisant ainsi à la création de 134.510.230 actions nouvelles.
Le prix de souscription fait apparaître une décote de 26,9% par rapport au cours de clôture de SocGen lundi (52,2 euros).
La période de souscription sera ouverte du 8 au 20 octobre inclus.
Groupama, qui détient 3,86% du capital de SG, a fait part de
son intention d'exercer la totalité de ses DPS.
SG est coordinateur global et teneur de livre, Bank of America Merrrill Lynch, JP Morgan et Morgan Stanley sont
teneurs de livre associés.
Source: Reuters
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