Plusieurs dizaines de milliers de sympathisants de l'opposition socialiste albanaise ont entamé vendredi soir un mouvement de protestation pour exiger du gouvernement soit que les bulletins de vote des élections controversées du 28 juin soient recomptés, soit que de nouvelles législatives soient organisées.
Selon Reuters, le chef du Parti socialiste, Edi Rama, a accusé le Premier ministre conservateur, Sali Berisha (Parti démocratique), d'avoir truqué les législatives pour "voler la richesse de l'Albanie".
Les socialistes ont perdu de peu face à Berisha le 28 juin, dans les élections les plus serrées depuis la chute du communisme en Albanie au début des années 1990. Les socialistes n'ont pas accepté les résultats et refusent de siéger au parlement tant qu'un certain nombre d'urnes, jugées "irrégulières" par les responsables électoraux, n'auront pas été ouvertes.
Ils affirment que les bulletins à l'intérieur de ces urnes-là leur donneraient la victoire. Les Démocrates de Berisha disposent, de tout juste, 70 sièges au parlement, sur un total de 140, et les socialistes en ont 66. Les Démocrates gouvernent actuellement avec le soutien des quatre élus du Mouvement de l'intégration socialiste.
Déployant des banderoles frappées de slogans comme "Je veux voir mon bulletin" et "Où est mon vote?", les partisans des socialistes, leurs alliés ainsi que les partisans de deux partis de centre droit ont défilé sur le Grand Boulevard, dans le centre de Tirana, en direction des bureaux de Sali Berisha.
ACCUSATIONS DE CORRUPTION
Les socialistes ont dressé des tentes à même le boulevard et distribué du café et du thé aux centaines de personnes déterminées à passer la nuit sous les fenêtres des bureaux de Berisha. Ce mouvement de protestation devait se poursuivre pendant le week-end.
"Maintenant plus que jamais, nous voulons montrer qu'on ne peut ni acheter, ni vendre, ni négocier la liberté électorale et le droit de dépouiller honnêtement les bulletins de vote", a déclaré Edi Rama à la foule.
"Tant que les urnes ne seront pas ouvertes, non seulement nous refuserons de siéger au parlement, mais nous intensifierons notre mouvement de protestation. Si les urnes ne sont pas ouvertes, nous demanderons avec force au gouvernement de démissionner et d'organiser des élections anticipées", a-t-il dit.
Edi Rama, maire de la capitale Tirana, a accusé Berisha de museler l'appareil judiciaire, de noyauter les médias et d'empêcher une concurrence libre. L'un et l'autre s'accusent de corruption.
Pour Berisha, il serait illégal d'ouvrir les urnes en question. Il fait valoir que les ministres des Affaires étrangères des pays de l'Union européenne ont approuvé le résultat des législatives en acceptant la demande de l'Albanie à avoir le statut de candidat à l'UE.
Cette semaine, six ambassadeurs de pays de l'UE ont déclaré à l'Albanie qu'elle devait lutter plus sérieusement contre la corruption.
S’il y a eu des observateurs internationaux qui estiment qu’il y a eu fraude, on peut procéder à un recomptage des voix, comme ce fut le cas en Afghanistan récemment. Mais je crois que l’opposition albanaise veut s’inspirer de la révolution orange en Ukraine il y a environ 5 ans. Cette révolution avait eu raison du pouvoir en place.
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