La Commission électorale indépendante (CEI) mise sur pied pour gérer le processus électoral a du 26 août au 16 octobre 2009, reçu les dossiers de candidature des éventuelles personnalités désireux de briguer la magistrature suprême en Côte d’Ivoire. Avec bien entendu, une liste de documents bien définie que 20 candidats ont déposé en bonne et due forme, même si certains, selon les informations en notre possession, n’ont pu faire face aux 20 millions de FCFA de cautionnement. Parmi ces documents ne figurait pas « une attestation de régularité fiscale ou tout autre document permettant de s’acquitter de ses impôts ». Mais voilà que depuis quelques jours, le Conseil constitutionnel que préside depuis peu Paul Yao N’dré, un proche du chef de l’Etat ivoirien, demande ce dernier document à joindre au dossier déjà versé à la CEI et transmis au Conseil constitutionnel après réception. Après plusieurs tours et des « considérant que », dignes du monde juridique, le Conseil constitutionnel qui a entre ses mains les documents des candidats, a ajouté, à l’issue de sa rencontre du 28 octobre dernier, cette attestation de régularité fiscale au nombre des dossiers de candidature. Et de préciser que « les candidats sont invités à compléter leurs dossiers au plus tard le mardi 10 novembre 2009 à 16 heures ». Toute chose qui reste incompréhensible pour le commun des Ivoiriens, notamment pour ceux de l’opposition qui trouvent suspecte une telle décision…de dernière minute. Ils voient dans cette décision et cette précipitation de dernière minute, un complot pour écarter des candidats de poids. Et pour prouver que le combat mené par le Conseil constitutionnel est un faux combat, voici ce qu’en dit le Nouveau Réveil, le journal proche du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), l’ancien parti unique, au pouvoir de 1960 à 1999. « La CEI et la Direction générale des impôts avaient déjà abordé le sujet quant à la nécessité ou non de joindre une attestation de régularité fiscale au dossier de candidature. La CEI avait réussi à faire comprendre que les accords n’exigeraient pas cela des candidats et un communiqué avait même été fait par la CEI pour clore ce débat. Comment expliquer, dès lors, la résurgence de celle-ci ? L’on se rappelle que lors du dépôt de sa candidature, Gbagbo (le chef de l’Etat) avait fourni cette attestation, alors qu’on ne lui demandait pas à la CEI. Alassane Ouattara (le président du RDR-opposition) l’avait également, puisqu’il l’aurait présenté aux membres de la CEI qui recevaient son dossier. Quant au président Bédié (le président du PDCI), il s’en était tenu à ce que les textes prévoyaient. Est-ce donc par rapport à lui qu’une telle décision a été arrêtée par le Conseil constitutionnel ? On pourrait le penser car Yao N’dré n’a jamais accepté que Bédié soit dans la course à la présidentielle. Il a déclaré publiquement qu’il trouvait cela dommage d’ailleurs », écrit le Nouveau Réveil, dans un article intitulé « Bédié dans la ligne de mire de Yao N’dré ? ».
A son tour, Le Patriote, le journal du RDR écrit dans sa parution de mardi que « ADO (Alassane Dramane Ouattara) : « Attestation de régularisation fiscale ; ADO a payé ses impôts ». Et d’ajouter en sous titre, « Mais à quoi joue Yao N’dré ? ».
On le constate, la décision du Conseil constitutionnel risque de créer d’autres problèmes avant cette élection. Car, nul n’imaginait cette fois, des candidats recalés, conformément à l’Accord de Pretoria II. Si c’est le cas, on se demande à quoi aura servi ledit accord, si tant est qu’il recherchait la paix pour notre pays.
Or, tout le monde sait que ce sont des difficultés du genre qui ont conduit à la crise que le pays traverse. Pauvres de ces dirigeants politiques ivoiriens. Comprendront-ils un jour ce qui est bon pour ce pays ? La question reste entière.