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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /2009 07:59

               

 

 

Le Conseil de Sécurité de l’ONU a voté une résolution, la 1572, le 15 novembre 2004, « pour empêcher la fourniture, la vente ou le transfert direct ou indirect à destination de la Côte d’Ivoire, depuis leur territoire ou par leurs nationaux, ou au moyen d’aéronefs immatriculés sur leur territoire ou de navires battant leur pavillon, d’armes et de tout matériel connexe, notamment d’aéronefs militaires et autres matériels provenant ou non de leur territoire, ainsi que la fourniture de toute assistance, conseil ou formation se rapportant à des activités militaires ». En fait, le  4 novembre 2004, la partie gouvernementale avait violé le cessez-le-feu en vigueur, bombardant la zone sous contrôle de l’ex-rébellion, pour obliger celle-ci à désarmer et à libérer la moitié nord du pays qu’elle occupait depuis septembre 2002. Et dans ses ciblages, un sukhoï de l’armée ivoirienne dépose le 6 novembre 2004, ses tonnes de munitions sur le lycée Descartes de Bouaké, le fief de l’ex-rébellion, faisant 9 morts dans les rangs des soldats et une quarantaine de blessés, puis un civil américain qui y était allé se réfugier. Aussitôt fait, la France réagit, endommageant toute la flotte militaire ivoirienne. L’Union africaine s’auto saisit du dossier et demande à l’ONU de statuer sur le cas de la Côte d’Ivoire. Le Conseil de Sécurité s’exécute et la résolution 1572 est votée à l’unanimité de ses 15 membres. On pensait que le processus de paix suivait son cours et courrait à sa fin, lorsque l’information du réarmement des deux camps nous est parvenue le mardi 27 octobre dernier. « Les parties (le sud gouvernemental et le nord rebelle) se réarme ou se rééquipent en matériel militaire, malgré l’embargo », indiquait le rapport dressé par le groupe d’experts de l’ONU, chargé de surveiller l’application des sanctions imposées à la Côte d’Ivoire. Le groupe estime que « l’économie du nord du pays ressemble davantage à un système mis sur pied par des seigneurs de la guerre qu’à une administration gouvernementale, où des commandants de zones de l’ex-rébellion contrôlent et exploitent les ressources naturelles, ce qui leur fournit à la fois, un motif et les moyens de conserver leur emprise territoriale sur le nord ». Ledit document ajoute que « le gouvernement qui craint des manifestations d’opposition violentes dans le sud du pays, a commencé à rééquiper certaines de ses forces de sécurité en matériel anti émeutes et pourrait être amené à importer des armes dans un avenir proche ». Mais le groupe se préoccupe également des « nombreuses entrées d’armes et de munitions en provenance du Burkina Faso dans le nord de la Côte d’Ivoire, qui pourrait être liées au trafic de cacao ». De plus, « la gestion des revenus du cacao par le gouvernement demeure opaque et il existe des cas suspects où ces revenus sont liés à des achats de matériel militaires », poursuit ledit rapport, avant de s’inquiéter de « l’absence de contrôles efficaces aux frontières qui permet le passage en contrebande de diamants bruts de Côte d’Ivoire au Burkina Faso et au Mali, quand certains sont également exportés illégalement par la Guinée et Le Liberia… ». Ce rapport, remis au Conseil de Sécurité des Nations Unies a suscité le jeudi suivant, une réunion de cet organe qui a prorogé d’un an, c’est-à-dire jusqu’au 31 octobre 2010, les sanctions qui visaient la Côte d’Ivoire. Ainsi, l’embargo sur les armes est reconduit, puis l’interdiction sur le commerce de diamants bruts provenant de la Côte d’Ivoire signifiée.

A côté de cette décision, il y a la situation des trois personnalités ivoiriennes sous sanctions de l’ONU depuis février 2006. Blé Goudé Charles et Eugène Djué, des proches du chef de l’Etat ivoirien, et le Commandant Fofié Kouakou de l’ex-rébellion sont interdits, selon la résolution 1572, de voyager hors du pays. Mais également, leurs avoirs à l’extérieur restent gelés. Eux aussi ne verront pas de si tôt, leurs sanctions levées, qu’après la tenue d’élections libres, claires et transparentes dans le pays. Mais Blé Goudé crie à tue-tête depuis lors, qu’il souhaiterait qu’on lui explique ce qu’on attend de lui, pour lui retirer cette épine du pied. Parce qu’il estime qu’il a trop fait pour mériter cette levée de sanctions. Blé Goudé a en effet organisé des tournées pour la paix. Il a mené des campagnes de paix avec des responsables de l’ex-rébellion. L’homme a même invité le secrétaire général des Forces nouvelles (l’ex-rébellion), premier ministre de Côte d’Ivoire depuis la signature de l’accord de Ouagadougou en mars 2007, dans sa région natale, également celle du chef de l’Etat ivoirien. Des signes qui n’ont aucunement ému la Communauté internationale.

Pour ce qui est de toutes ces sanctions, l’ONU doit avoir eu le nez creux, puisqu’apparemment, si les uns et les autres estiment que la sérénité est de retour, les signes de réarmement ou de rééquipement militaire nous indiquent qu’on se prépare à autre chose. Le Conseil constitutionnel vient de prendre des décisions de dernière heure qui montrent visiblement qu’il y a une volonté manifeste d’écarter le maximum de candidats à la prochaine présidentielle. Et là, les risques d’une telle décision sont énormes dans un pays où la paix est encore fragile.

Par Denis-Zodo - Publié dans : Politique ivoirienne - Communauté : Media - Actualité générale
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