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Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /2009 00:11

La Cour des comptes a publié un rapport jeudi sur les subventions accordées aux clubs sportifs  professionnels. Opacité, coût, propriété des enceintes: autant de points sensibles épinglés par la rue Cambon.

160 millions

d'euros. Voici le montant total des subventions directes versées en 2006 par les collectivités locales, communes et intercommunalité, aux clubs professionnels.

Une somme qualifiée "d'élevée" par la cour des Comptes dans un rapport sur le sujet publié jeudi matin. Tous les sports ne sont pourtant pas logés à la même enseigne.

Ce sont les clubs de football de ligue 1 qui se partagent la part du lion avec un pactole de 32 millions d'euros. Une beau montant, certes, mais qui ne représente que 4% de leur chiffre d'affaires. A l'inverse, les 8 millions versés à l'ensemble des clubs de volley-ball de première division couvrent la moitié de leur chiffre d'affaires.

C'est la première leçon de ce rapport: pour le handball et le volley-ball, sports passés pro il y a peu, les concours financiers des collectivités sont "une condition nécessaire de l'activité professionnelle": par exemple, près de trois quarts des ressources du Montpellier Agglomération handball proviennent de subventions.

Pour les autres disciplines, ces sommes représentent plus une garantie de stabilité (environ un quart des ressources des clubs de basket-ball, rugby ou hockey sur glace).

Des subventions "subterfuges"?

Mais la Cour des comptes sait aussi faire les gros yeux. Notamment quand il s'agit d'éplucher les contrats de partenariat entre collectivités et clubs sportifs. "La relation est bancale au détriment des collectivités", juge Philippe Seguin, le premier président de l'institution de la rue Cambon.

L'enquête montre que le plafonnement des subventions directes aux clubs est contourné par le financement de missions d'intérêt général, d'achat de prestations de services ou de mises à disposition à des tarifs très avantageux d'équipements sportifs. "Elles prennent la forme de subterfuge", déplore Philippe Seguin.

Des manières qui, à en croire la Cour des comptes, mènent parfois à certaines irrégularités. Le rapport cite l'exemple du stade Jean-Bouin qui héberge le club de rugby du Stade Français.

"Il en ressort que la redevance annuelle de 32 000 euros versée par le club n'est pas conforme aux règles de domanialité publique." Un montant largement sous évalué.

Manque de transparence

Mais le plus grave pour la Cour des comptes, c'est qu'au final, les collectivités sont le plus souvent incapables de déterminer le montant exact des aides directes et indirectes accordées aux clubs.

Un procès pour opacité dénoncé fermement par Thierry Braillard, adjoint aux sports à la mairie de Lyon, joint par LEXPRESS.fr. "La loi Buffet de 1999 empêche tous les excès en la matière, nous ne pouvons plus dépasser un certain plafond d'aides maintenant".

Autre critique venue de la rue Cambon, le manque de suivi des aides accordées. "Là, ils n'ont pas torts, avoue Thierry Braillard,  le suivi n'est pas très contraignant".

Pour autant, l'adjoint de Gérard Colomb ne se voit pas arrêter les subventions, notamment envers son produit phare, l'Olympique lyonnais. "L'OL est le plus bel investissement de ces trente dernières années. Selon une étude, 80% des articles sur Lyon à l'étranger évoquent le football, c'est un outil de rayonnement fabuleux!"

Exception française

Dernier point du rapport, peut-être celui qui tient le plus à cœur de Philippe Seguin: la question épineuse de la propriété des stades. "La très grande majorité des clubs professionnels n'est pas propriétaire de son outil de travail", déplore Seguin, qui ne manque pas de souligner l'exception française en la matière.

Les enceintes sportives appartiennent en effet, dans 80% des cas, aux collectivités. Ce qui selon le rapport, n'incite pas les clubs à développer les recettes commerciales que pourrait générer le stade.

"La France a un retard de plusieurs décennies, il faut que la transition se fasse", estime  Philippe Seguin.

Ce dernier a cependant un espoir: l'Euro 2016 que la France espère bien accueillir.  Une compétition qui réclame la construction de nouveaux stades, notamment à Lille, Lyon, Nice ou encore à Bordeaux.

A Lyon, justement, Thierry Braillard est catégorique, "Le stade sera la propriété du club qui le finance en totalité tandis que nous règlerons l'aménagement du territoire autour. Nous ne pouvons investir 400 millions dans une enceinte exploitée par une entité privée". Un exemple à suivre?

Source : lespress.fr

 

 

Par Denis-Zodo - Publié dans : Economie
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