Laurence Parisot dénonce "une forme particulière de guerre économique" entre la France et la Grande-Bretagne
La patronne du Medef ne mâche pas ses mots. Laurence Parisot est montée au créneau, samedi, pour intervenir sur la polémique franco-britannique à propos de la nomination de Michel Barnier à la Commission européenne. "La rivalité entre la France et l'Angleterre n'est pas nouvelle" et cette polémique "est un épisode de plus dans cette rivalité", a déclaré la présidente du Medef sur Europe 1 ,relayé par le magazine le point . Michel Barnier a été nommé commissaire au Marché intérieur et aux Services financiers, ce qui a suscité un vif émoi en Grande-Bretagne et en particulier au sein de la City de Londres, la plus grande place financière européenne.
Les Britanniques perçoivent en effet Michel Barnier comme le porte-drapeau d'une offensive française contre la prééminence de la City et en faveur d'une régulation stricte du secteur. Un sentiment encore accrû par des déclarations du président Nicolas Sarkozy, qui a parlé samedi dernier de "triomphe" des idées françaises sur la régulation en Europe . "Les commentaires hostiles du président français Sarkozy ont ébranlé la confiance du public dans les nouvelles institutions de l'UE et soulevé de nombreuses questions sur l'impartialité du nominé français à la Commission européenne", avaient réagi jeudi les banquiers britanniques par la voix de leur association (la British Bankers' Association - BBA).
"Il faut une règle du jeu commune"
"Je ne suis pas certaine qu'il s'agisse de l'affrontement de deux conceptions philosophiques de l'économie de marché mais peut-être plutôt d'une forme particulière de guerre économique", a estimé Laurence Parisot samedi matin. "La City pour l'Angleterre, c'est le coeur de son activité économique. La City est blessée, abîmée, très affaiblie par la crise. Il s'agit pour les Anglais de défendre leur principale industrie; c'est en ça qu'il y a un enjeu de quasi guerre économique", a expliqué la présidente du Medef. Pressée de dire si la City devait être davantage régulée, Laurence Parisot a assuré que "ce serait tout à fait une erreur de diagnostic de croire que la City est à l'origine de la crise". C’est cette regle que les Anglais n’en veulent pas. Pourquoi ne pas faire de nouvelles propositions ??
L'origine de la crise financière internationale ce sont des "erreurs majeures dans la politique américaine, une absence de régulation au niveau des Etats-Unis, une gestion tout à fait étrange de la Banque centrale américaine des liquidités et des taux d'intérêt", a-t-elle dit. "A partir de là, nous avons tous constaté (...) qu'il faut une règle du jeu commune, au minimum au niveau européen", a poursuivi Laurence Parisot, se disant "très heureuse de la nomination de Michel Barnier".
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