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Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /2009 00:49

Pékin ne compte pas relâcher son emprise sur une région riche en gaz et en pétrole.

Depuis les violentes émeutes ethniques survenues le 5 juillet à Urumqi, la capitale de la «région autonome du Xinjiang», les nouvelles filtrent difficilement. Il faut dire que les autorités chinoises ont réalisé l’impensable : couper six mois durant les communications téléphoniques et Internet avec une partie du monde pourtant grande comme trois fois la France. Sans mail ni forum internet, le Xinjiang est pratiquement isolé du monde.

Le black-out cache, selon l’opposante Rebiya Kadeer, une répression terrible (lire ci-contre). Officiellement, 197 personnes ont été tuées dans ces émeutes qui ont commencé par des manifestations de Ouïghours. Ceux-ci réclamaient une enquête sur une rixe ethnique qui s’était soldée par la mort de deux Ouïghours, dix jours plus tôt, dans une usine de jouets du Guangdong. La protestation a vite tourné à l’émeute antichinoise, suivie d’une répression sanglante menée par l’armée chinoise, puis de ratonnades visant des Ouïghours et de milliers d’arrestations. Ce mois-ci, 14 personnes, dont 13 Ouïghours, ont été condamnées à mort pour avoir participé à ces émeutes.

Pour Pékin, le Xinjiang est une «partie inaliénable» du territoire chinois. C’est là, dans le désert du Lop Nor, que la Chine a fait exploser la première bombe atomique en 1964. Les Chinois de souche, qui ne constituaient que 6% des habitants (2% selon Rebiya Kadeer) au moment de sa conquête par les armées communistes de Mao Zedong, en 1949, représentent aujourd’hui 45% de la population (21 millions d’habitants) de la région autonome. Ce territoire, qui recouvre 15% de la superficie du pays, regorge d’hydrocarbures, de gaz naturel et de matières premières, dont la Chine a un besoin essentiel pour son développement. C’est pourquoi, coûte que coûte, elle ne relâchera jamais son emprise.

L’implantation chinoise au Xinjiang est très ancienne puisqu’un ambassadeur han, qui passa en l’an 938 à Khotan, une ville du sud du Xinjiang, la décrit comme étant purement chinoise (1). Au cœur de l’Asie centrale, ce Turkestan chinois fait néanmoins partie de la civilisation turcophone qui relie, sur plus de 5 000 kilomètres, la Turquie à la Mongolie. La Chine n’a historiquement exercé qu’un contrôle épisodique sur le Xinjiang, même après sa conquête par la dynastie mandchoue Qing, en 1884, qui a rebaptisé Xinjiang («nouvelle frontière») l’ancien Turkestan oriental.

Après l’invasion de 1949, Pékin s’est imposé avec la même brutalité qu’au Tibet, en tentant dans les années 60 d’éliminer les pratiques religieuses, transformant même des mosquées en porcheries. Après une période de relative tolérance à partir de 1980, la Chine a à nouveau imposé des restrictions à la pratique religieuse, surtout après les attentats du 11 Septembre, qui ont servi de prétexte à une répression accrue. Selon l’opposition ouïghoure, le pouvoir chinois bride aussi l’enseignement de leur langue, qui ne serait plus autorisée dans les écoles.

Source : liberation.fr

 

 

Par Denis-Zodo - Publié dans : Politique internationale - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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