La Cour internationale de justice (CIJ) ouvre, mardi 1er décembre, les audiences sur l'indépendance de l'ancienne province serbe du Kosovo, indépendance déclarée le 17 février 2008 et à laquelle Belgrade s'oppose toujours avec autant de vigueur. Saisie par l'Assemblée générale des Nations unies à la demande de la Serbie, la Cour devra dire "si la déclaration d'indépendance du Kosovo est conforme au droit international"
Les Albanais du Kosovo – qui forment plus de 90 % des quelques deux millions d'habitants – ont déclaré leur indépendance, neuf ans après la fin de la guerre contre les forces de Slobodan Milosevic, défaites par l'intervention de l'OTAN au printemps 1999. A ce jour, soixante-trois Etats, dont vingt-deux membres de l'Union européenne, ont reconnu le nouvel Etat.
Dans un entretien au quotidien Vecernje Novosti et relayé par le quotidien le monde, le président serbe, Boris Tadic, s'est déclaré "très optimiste", estimant qu'une décision négative de la Cour "ouvrirait la voie à la poursuite des négociations". Le chef de l'Etat serbe prône le "compromis" qui "doit être cherché entre la position ferme de la Serbie de ne pas renoncer à sa souveraineté et le respect des droits des Albanais du Kosovo de gérer eux-mêmes leurs vies et leurs intérêts".
De son côté, le ministre kosovar des affaires étrangères, Skender Hyseni, estime qu'il existe "des arguments puissants pour défendre le droit du Kosovo à l'indépendance et à la souveraineté".
"FICTION JURIDIQUE"
Pour Jacques Rupnik, chercheur au Centre d'études et de recherches internationales (CERI) "les Serbes ne mesurent pas que l'on peut disposer de très bons arguments juridiques et avoir politiquement tort". Aujourd'hui, "l'idée d'une reconquête serbe au Kosovo relève de la fiction juridique (…) Alors que tous les Etats slaves ont quitté la Yougoslavie, on demanderait aux seuls non slaves, les Albanais du Kosovo, de rester en tête-à-tête avec un Etat qui a perdu toute légitimité à la suite de la décennie Milosevic ? C'est irréaliste", estime-t-il. Et M. Rupnik d'ajouter : "la Serbie a une autre priorité politique : rejoindre l'Union européenne."
Au cours des audiences, prévues à La Haye jusqu'au 11 décembre, trente Etats présenteront leurs arguments à quinze magistrats. La question dépasse le seul cas du Kosovo. L'Espagne ou la Russie, elles-mêmes confrontées à des mouvements indépendantistes, ainsi que la Grèce, s'étaient inquiétées du "précédent" que ne manquerait pas d'impliquer la reconnaissance d'un Etat autoproclamé.
"Ce n'est pas le précédent qui crée le séparatisme", observe Jacques Rupnik. La CIJ, souvent saisie pour relancer des discussions diplomatiques dans l'impasse, se soucie généralement de satisfaire les deux parties. L'avis de la CIJ, qui n'a pas d'effet contraignant, devrait être rendu début 2010.
| Juillet 2010 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | |||||||
| 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | ||||
| 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | ||||
| 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | ||||
| 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | |||||
|
||||||||||
Derniers Commentaires